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Histoire du Likès à travers la construction des
bâtiments
De 1919 à 1945
Autres chapitres : de
1838 à la fermeture (provisoire) de 1906 - de
1945 à 1962 - après 1962
Etat des lieux en 1919
En 1919, le Likès récupérait
tous les locaux qui avaient été les siens en 1906,
et même un peu plus car le bâtiment dit du « scolasticat »,
qui dominait la sortie du tunnel de chemin de fer, faisait désormais
partie du pensionnat, comme on disait à l'époque.
Par contre, toutes les constructions situées au sud restaient
occupées par ce qu'on appelait le « noviciat »
et où ne se trouvaient désormais que la maison de
retraite des Frères et la maison provinciale du District.
De ce fait, l’entrée du Likès continuait et
continuera pendant longtemps encore, jusqu’en 1962, à
se faire par la rue de Kerfeunteun.
La propriété avait gardé
les mêmes limites qu’en 1906, à l'exception de
la prairie qui avait été vendue à M. Raoul
Olive, professeur d’agriculture, et qui ne sera rachetée
qu’en 1921.
Directorat du Frère Gautier (1922-1932)
Alors
que le Frère Le Gall avait dû parer au plus pressé
en rendant bien vite de vieux bâtiments aptes à reprendre
du service, le Frère Gautier, bénéficiant d’un
plus long directorat et de l’accroissement des ressources,
qui allait de pair avec celui des effectifs scolaires, pourra se
lancer dans des constructions nouvelles, au nombre de deux principales:
le bâtiment Saint-Joseph et le nouvel atelier de mécanique.
1928 : Le bâtiment Saint-Joseph (1)
Il fut construit à l’emplacement
du bâtiment Saint-Hubert qui remontait à 1876. Celui-ci
fut donc rasé en 1927 et à sa place, s’éleva
une construction de belle allure mais malheureusement un peu étroite:
en raison d’une grande dénivellation du terrain du
côté ouest et faute de ressources suffisantes, le Frère
Gautier dut renoncer au plan primitif qui prévoyait un bâtiment
bien plus vaste, lié à l’élargissement
très souhaitable de la cour Saint-Joseph.
La nouvelle construction abrita, au rez-de-chaussée,
deux grandes salles: une réservée à l’enseignement
commercial (y compris la dactylographie) et l’autre aux cours
d’agriculture. Au premier étage, on trouvait une salle
pour la physique et les sciences naturelles et une seconde pour
la chimie, munie celle-ci d'un amphithéâtre et d’une
grande paillasse pour les expériences scientifiques.
Le second étage était entièrement
occupé par une salle ce dessin technique, avec des tables
adaptées à cet enseignement. Jusque-là les
cours de dessin industriel (comme on disait alors) se déroulaient
dans les classes ordinaires tandis les laboratoires de sciences
et les cours agricoles occupaient, depuis le XIXe siècle,
deux salles situées tout au sud au bâtiment séparant
les deux cours de récréation , (au-dessus de l'actuel
S.I.0.). Le bâtiment Saint-Joseph sera démoli en 1961,
pour permettre l'allongement du bâtiment des chambres à
l’usage des grands élèves.

Fig 10 : Le bâtiment St Joseph avant sa
destruction en 1961 (Plus bas, le bâtiment St Jean-Baptiste
de la Salle construit en 1952).
1930 : Le nouvel atelier de mécanique. (2)
L'atelier construit par le Frère Cyrille-des-Anges
en 1899-1900 n'était plus adapté aux nouvelles normes
de l’enseignement technique des années 20, ni à
l’augmentation du nombre des élèves dans cette
section. Le Frère Gautier décida de construire du
neuf et confia son projet à M. Bolo de Nantes, spécialiste
de la charpente métallique et du ciment armé. Les
travaux commencés en 1929, se terminèrent à
l’automne 1930. Le nouvel atelier occupe une surface de près
de 500 m2, libre de tout support intérieur, grâce au
système de charpente de type « shed »
qui porte uniquement sur les pignons et permet en outre un excellent
éclairage vertical.

Fig 11 : L'atelier de mécanique en 1946.
Depuis sa construction en 1930, un 5ème « shed »
a été ajouté en 1938. Au fond, le hall des
sports et un blockhaus datant de l'occupation allemande.
A l’ouest de la cour d’entrée,
à proximité du nouvel atelier, on construisit en même
temps un bâtiment en forme d’U abritant des toilettes
(3). Un devis de l’époque nous apprend
que le nouvel atelier coûta 205.139 F, son équipement
intérieur 211.000 F, et les toilettes 120.000 F, soit un
total de 536.139 francs. Même s'il a depuis troqué
ses tuiles rouges pour une couverture métallique, cet atelier
est toujours en service (tout près du self) et abrite aujourd’hui
des salles d’électrotechnique.
Quant à l'atelier de mécanique de
la fin du XIXe siècle, il fut transformé en un vaste
hall de menuiserie et d’ébénisterie qui, tant
pour la formation des élèves que pour l’entretien
ou le renouvellement du matériel scolaire, aura rendu de
grands services jusqu’à sa démolition en 1979.

Fig 12 : Vue aérienne avant 1939 (le
bâtiment construit le long de la rue de Kerfeunteun en prolongement
de la chapelle n'existe pas encore).
années 20 : Le pressoir électro-hydraulique
(4)
En bas de la cour Saint-Joseph, on construisit
une terrasse en ciment armé abritant un pressoir électro-hydraulique
pour la fabrication au cidre; il en fallait environ 300 barriques
par an car c'était alors la boisson ordinaire servie aux
élèves pour les repas; cette installation d’avant-garde
servait en outre à la formation de ceux qui suivaient les
cours agricoles car, en ce temps-là, on fabriquait du cidre
dans toutes les fermes de Cornouaille.

Deux vues aériennes du Likès vers
1936
Fig 13 : Vers l'Ouest - Fig 14 : Vers le Nord-Est.
Directorat du Frère Bengloan (1933-1940)
Toutes
les améliorations pédagogiques et les créations
de classes nouvelles sont accompagnées d'une croissance rapide
des effectifs, dans les années précédant la
seconde guerre mondiale: cette augmentation du nombre d’élèves
coïncide d'ailleurs avec l'arrivée à l’âge
scolaire des garçons du « baby-boom » des
années de l'après guerre 1914-18. C'est ainsi que
Le Likès compte 672 élèves à la rentrée
de 1934, 701 en 1935, 709 en 1936, 793 en 1937, 860 en 1938, et
cela malgré de nombreux refus d'inscriptions d'internes,
faute de place. Pour faire face à cet afflux constant, le
Frère Bengloan essaie de tirer le meilleur parti possible
des bâtiments existants mais aussi il en construit de nouveaux.
1935 : aménagement du scolasticat (5)
Pour la mise en place de la série secondaire
complète, trois nouvelles classes sont aménagées
au premier étage du « scolasticat », à
la place de locaux divers qui s'y trouvaient (chapelle dite des
Congrégations, salles de réunion... ). Un balcon en
ciment armé, construit tout long du côté nord
de ce bâtiment, permet une desserte commode de ces classes.

Fig 15 : Le scolasticat avec ses balcons de
circulation. En contre-bas, le train venan de Brest.

Fig 16 : Le Likès vue vers le Sud-Est.
Au dessus du tunnel, le scolasticat qui sera remplacé par
le batiment de l'auditorium en 1967.
1937 : la maison des Sœurs
Vu les nouveaux besoins, il faut refaire la même
opération au second étage du même bâtiment,
là où demeuraient les Soeurs. En conséquence
on construit pour celles-ci une belle maison de pierre, près
de l'entrée du jardin. Par la même occasion les combles
au-dessus de ces nouvelles classes sont aménagées
pour loger le personnel masculin s'occupant de services divers dans
l'établissement: réfectoires, nettoyage, entretien
du jardin. Ce qui permet de récupérer des locaux au-dessus
de l’infirmerie et d'y installer un nouveau dortoir (Saint-Louis)
pour mieux faire face à l'afflux des internes.

Fig 17 : Vue sur le jardin du Likès.
Au fond, la ferme, à droite, la maison des religieuses, à
gauche les ateliers et au premier plan le monument aux morts inauguré
le 13 mai 1934.
1938 : Le hall des sports
Cette même année 1937 voit la construction,
depuis longtemps attendue, d'un hall de sports, sur la cour au nord
des ateliers. Il s'agit d'un grand hangar de 20m x 50m, à
charpente métallique, visant avant tout à abriter
les cours d'éducation physique en cas de pluie. De nombreux
agrès y sont installés pour la gymnastique, ainsi
qu'une fosse pour le saut et des aires pour les lancers. Il avait
certes belle allure mais manquait peut-être de solidité,
puisque, dans la nuit du 1er décembre, un bon coup de vent
de suroît, comme on en connaît souvent en Bretagne,
renverse tout l'édifice comme un château de cartes.
Dès le printemps de 1938, il fallut tout rebâtir (aux
frais de l'entreprise constructrice: Damian de Quimper) et le nouveau
hall, un peu moins haut que le précédent, sera prêt
pour accueillir le banquet du Centenaire, le 15 mai 1938. Il sera
démonté en 1968 et reconstruit sur le terrain de sports
de Kermoguer.

Fig 18 : Le Hall des sports en construction.
En arrière-plan les ateliers. Au fond, le bâtiment
construit à l'origine.
1939 : Nouveau bâtiment le long de la rue de Kerfeunteun
Malgré tous les aménagements dont
on vient de parler, Le Likès n’arrivait pas à
faire face à l'augmentation des candidatures d'élèves.
En dépit de la conjoncture internationale très sombre,
on décida de construire un nouveau bâtiment au nord
de la chapelle, dans la cour étroite longeant la rue de Kerfeunteun.
Cette nouvelle construction, toute en longueur mais de belle allure,
s’appuierait au pignon de la chapelle et à la façade
est de l'U central. Elle comprendrait quatre niveaux et abriterait
des locaux d'économat et de cuisine, des salles a manger,
une nouvelle infirmerie et un dortoir (Saint-Jean). Les travaux,
confiés à l'entreprise Le Bris de Fouesnant, furent
entamés à l'automne 1938 et le gros-œuvre était
fini au printemps suivant. Les aménagements intérieurs
étaient encore en cours au moment de la déclaration
de guerre, au début de septembre 1939.
L’occupation allemande (1940 – 1944)
Pendant l’occupation allemande, il n’y
eu pas de construction de bâtiments si ce n’est celle
des blockhaus avec comme aménagement, la mise en place de
barbelés !
En 1984, un groupe d’élèves,
sous la direction de Frère Pierre le Doré, participa
au concours de la Résistance. Marie-Pierre Le Cœur,
Florence L’Hour, Marianig Belbeoc’h, Sandrine Jaouen
et Jean-Luc Le Moal ont réalisé, dans ce cadre, un
très beau dossier. On y trouve, entre autres, un plan du
Likès réalisé grâce au concours de Frères
qui avaient vécu cette époque (Albert Flochlay, Joseph
Evain, Yves Cader, Jean Kerjean). Il nous donne un état des
constructions au milieu du 20ème siècle.

Fig 19 : Le groupe d'élève auteur
du dossier sur la résistance au Likès.

Fig 20 : Le plan du Likès pendant l'occupation
allemande de 1940 à 1944.
Autres chapitres : de
1838 à la fermeture (provisoire) de 1906 - de
1945 à 1962 - après 1962
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