PORTRAIT : Les Génot, une famille héroïque assassinée par les nazis.

A deux reprises, en 1948 et en 1956, la revue du Likès a rendu hommage à la famille Génot.

Auguste, le père, avait été élève à la fin du 19ème siècle. Nous n’avons pas de renseignements sur sa scolarité. Nous savons par l’intermédiaire du Bulletin des anciens qu’il était membre actif de l’Association Amicale des Anciens Élèves.

JPEG - 91.6 koLes anciens élèves du Likès habitant Quimperlé, dans le bulletin de 1934.

Eugène Génot était élève au début des années 1930. Nous avons quelques informations sur son parcours scolaire dans les bulletins des anciens et dans le palmarès de 1932.

C’était un élève brillant comme en témoignent les récompenses reçues, en 2ème année B, à la distribution des prix de 1932 et figurant dans le palmarès 1931-1932.

JPEG - 36.4 koExtrait du Palmarès 1931-1932

Sa formation chrétienne ne sera pas étrangère à son engagement dans la vie associative quimperloise puis dans la Résistance.

JPEG - 71.8 koExtrait du Palmarès 1931-1932

Eugène faisait aussi partie de la chorale.

JPEG - 65.5 koLe groupe des "Alti" en 1932

Il quitte l’école muni du brevet d’études professionnelles commerciales décroché en 1934.

JPEG - 39.6 koExtrait du bulletin des anciens de juillet 1934

Une famille héroïque : La Famille GÉNOT de Quimperlé.

« LE LIKÈS » n° 20 - 01/04/48

La Médaille de la Résistance qui vient d’être décernée à titre posthume à la famille Génot nous incite à rappeler le souvenir de M. Auguste Génot, membre bienfaiteur de notre Amicale pendant de longues années, de son fils Eugène et de son épouse et de ses deux filles, morts tous les cinq dans les bagnes nazis.
Nous empruntons à Ouest-France les passages suivants :

« La guerre a semé partout ruines, tristesses, désolations, Quimperlé a aussi beaucoup souffert de cette grande calamité.

Mais il n’y a pas, dans tout l’Ouest, et peut-être en France, une famille qui a payé un plus lourd tribut à la guerre que la famille Génot, dont les cinq membres : le père, la mère et les trois enfants ont été déportés et sont disparus dans les geôles allemandes.

La famille Génot (M. Auguste Génot, né le 4 Janvier 1884, épicier en gros, 12, rue des Écoles ; Mme, née Jeanne Coché, le 6 Août 1886, et les trois enfants Eugène et Marie-Louise, nés tous deux le 19 Août 1917, et Annie, née le 6 Avril 1921), était de ces familles, véritablement patriotes, qui eurent foi en les destinées du pays et abhorrèrent toujours l’ennemi.

Au début de 1943, Eugène Génot s’enrôla dans la Résistance et devint chef du groupe Vengeance à Quimperlé. Il fit de nombreux transports d’armes dans la région, indiqua aux Alliés plusieurs terrains propices aux parachutages d’armes et hébergea un parachutiste américain.

Eugène n’avait qu’un but : servir.

L’arrestation.

A la suite d’une odieuse dénonciation, Eugène Génot était arrêté le 2 Janvier 1944, au début de l’après-midi, à son domicile, par la Gestapo. Il fut conduit à la prison du Bel-Air, puis dirigé sur Quimper.

Le soir de ce même jour, vers 20 h., son père, sa mère et ses deux sœurs étaient arrêtés à leur tour par les feldgendarmes de Quimperlé et conduits à la prison de Bel-Air.

Le lendemain, toute la famille prenait le chemin de la prison de Rennes.

M. Génot et son fils furent ensuite conduits à Compiègne où ils restèrent jusqu’au 15 Juillet 1944. A cette date, ils furent déportés en Allemagne, au camp de Neuengamme (Hambourg), où ils endurèrent avec un admirable courage les souffrances tant physiques que morales que l’on connaît.

Le 8 Avril 1945, M. Génot quittait Neuengamme pour Sandbostel, où il arriva le 15 Avril dans un état d’extrême faiblesse, après un voyage particulièrement pénible.

Dans la nuit du 20 au 21 Avril 1945, à l’aube de la Libération, M. Génot mourait d’épuisement dans les bras de deux déportés de Trégunc : Pierre Cariou et Joseph Le Gac, du village de Zambelle [1].

Courant Mars 1945, Eugéne Génot se trouvait à Neuengamme au Revien 4 ou Infirmerie 4 ; il était atteint d’une congestion pulmonaire. Il fut emmené dans un camion sur lequel les boches avaient eu l’audace de peindre une croix rouge, avec d’autres camarades de misère. Depuis, personne ne l’a revu !

Mme Génot et ses deux filles demeurèrent à la prison de Rennes jusqu’au 2 Août 1944. Envoyées de là à Belfort, elles y restèrent jusqu’au 1er Septembre, date de leur déportation en Allemagne, au camp tristement célèbre de Ravensbrück.

A partir de Février 1945, on n’eut aucune nouvelle de Mme Génot et de sa fille aînée, Marie-Louise...

Annie Génot, la plus jeune des enfants, partit pour Bergen-Belsen. Elle mourut d’épuisement complet peu après la libération.

Mme Coché, âgée alors de 81 ans, qui est la mère de Mme Génot a supporté vaillamment toutes ces terribles épreuves. Restée seule à la maison avec son autre fille, elle a vécu des heures particulièrement atroces, dans l’attente - hélas vaine - du retour des êtres chers...

Mme Coché a reçu de nombreuses lettres de déportés, soulignant le magnifique courage de la famille Génot. « Leur calme, leur foi en la victoire, leur bonté, étaient pour tous un grand réconfort. »

Une plaque de marbre a été scellée sur la façade de la maison Génot, rue des Écoles. On y lit non sans émotion : « Ici ont vécu Auguste Génot, Mme Génot, et leurs enfants Eugène, Marie Louise, Annie, déportés en Allemagne, morts pour la France, 1945  ».

Les Anciens Élèves et élèves du Likès n’oublieront pas la magnifique leçon de ces martyrs qui restera dans l’histoire de la dernière guerre comme un des plus saisissants exemples du sacrifice et de l’héroïsme.

Distinctions et Nominations : famille Génot.

« LE LIKÈS » n° 87 - juin 1956

Le 29 avril 1956, 11ème journée Nationale de la Déportation, Mme Veuve Coché, de Lorient, a reçu, des mains du major général de la Marine, cinq Croix de la Légion d’Honneur, cinq Croix de Guerre et cinq Médailles de la Résistance décernés à titre posthume à ses enfants et petits enfants, l’héroïque famille Génot, de Quimperlé, dont le père Auguste, et le fils, Eugène, étaient anciens du Likès.

M. et Mme Auguste Génot tenaient à Quimperlé un commerce florissant d’épicerie en gros dont leur fils Eugène, né en 1917, devait tout naturellement prendre la succession. La sœur jumelle d’Eugène, Marie-Louise, était assistante sociale à Paris au début de la guerre, mais elle avait rejoint sa famille, se proposant de n’y revenir qu’à la libération du pays pour laquelle, dès la première heure, elle avait, avec tous le siens, résolu de combattre. La cadette, Anne, plus jeune de 4 ans, aidait ses parents à leur comptabilité.

Ils faisaient tous les cinq partie du réseau « Vengeance » dont Eugène était le chef pour la région de Quimperlé où il avait recruté une section complète de soldats clandestins.

Malgré la présence, à leur domicile même, de trois militaires allemands qu’ils avaient dû héberger, les Génot avaient déjà accompli plusieurs missions périlleuses quand il leur échut, en décembre 43, de cacher chez eux un aviateur américain. L’hébergement devait durer une nuit...

Il dura un mois ! Un mois au bout duquel le « colis » fut dirigé sur Quimper, première étape vers un voyage retour en Angleterre. L’aviateur, hélas ! se fit prendre et, sous la torture, il parla ...

C’est ainsi que, le 27 janvier 1944, toute la famille Génot fut arrêtée. Son long calvaire devait prendre fin en avril-mai 1945.

M. Auguste Génot est resté à Sanbostel ; son fils Eugène à Neuengamme ; Mme Génot et sa fille Marie-Louise ont péri dans la chambre à gaz de Ravensbrück ; Annie a fini de souffrir à Bergen-Belsen.

Admirable par son patriotisme, cette famille de Quimperlé le fut tout autant par son christianisme.

- M. Auguste Génot était Président de l’Action Catholique de la paroisse N.-D. de l’Assomption, membre du Conseil paroissial, Président de la Conférence Saint-Vincent de Paul et Président du Patronage « L’Avant-Garde Quimperloise »
- Mme Génot était secrétaire de l’Action Catholique Féminine ;
- leur fils Eugène était secrétaire de « L’Avant-Garde Quimperloise » ;
- leurs filles Marie-Louise et Annie étaient, l’une, fondatrice, l’autre, membre de la J.I.C.F. de Quimperlé.

Notes

[1Il s’agit probablement de Lambell

Publié le : mardi 15 janvier 2013

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