Pennad kaoz gant Frer Jean-René Gentric - Entretien avec Frère Jean-René Gentric

Penaos ho peus desket brezhoneg ?

Me n’em eus ket desket brezhoneg. Deuet eo an div yezh galleg-brezhoneg hep gouzout din pa oan paotrig. E Landudeg er vro-vigoudenn e veze graet bemdez gant ar brezhoneg. Klevet em eus brezhoneg gant va zud, va zud-kozh, an amezeien... Aes e oa neuze deskiñ ur yezh mod-se. Startoc’h eo ar jeu bremañ ne vez ket klevet stank ar yezh evel gwechall.

Just awalc’h, gant piv e komzit brezhoneg hiziv ?

Bremañ n’eus nemeur a dud a gomz brezhoneg bemdez. N’eo ket evel gwechall. Ouzhpenn-se, ar re a oar brezhoneg a gomz galleg muioc’h-mui. Ma mamm a zo deuet kozh hag a breche bemdez brezhoneg koulskoude, a ra muioc’h mui gant ar galleg hiziv an deiz.

Lenn a rit, skrivañ a rit e brezhoneg ?

Lenn a ran e brezhoneg pa ‘m eus amzer. Ezhomm am eus ivez skrivañ evit sevel prezegennoù bep ar mare. Gouest on d’henn ober daoust ma ne ran ket alies. N’em eus ket studiet kalz ar yezh er skol nemet e-pad ur bloavez er skol-veur gant Loeiz Roparz.

Penaos e welit dazont ar yezh ?

Diaes e vo. Ar brezhoneg am eus anavezet, an hini komzet ingal gant n’eus forzh peseurt den a veze kejet gantañ, a ya da goll kazi sur. Dre ar youankiz e chomo bev ar yezh ha kaer eo gwelout tud yaouank o teskiñ ar yezh, siwazh n’int ket niverus. Kaer eo ivez e vefe muioc’h a vrezhoneg en tele pe er mediaoù. Chalet on koulskoude rak ne vez ket ken klevet tud o koazeal brezhoneg en ur mod pemdeziek. Petra eo ur yezh a zo desket nemet e-barzh ar skol ha ne vez ket implijet evit mont e darempred gant an dud en diavez ar c’hentelioù ?

Petra a c’heller ober a-neuze ? Penaos cheñch penn d’ar vazh ?

Diaes eo da lavarout. Dav eo lakaat ar brezhoneg er vuhez pemdeziek. Lakaat muioc’h war wel ar brezhoneg marteze. Gwelet e vez bremañ panelloù divyezheg un tamm e pep lec’h e Breizh. Moaien zo da vont war-raok e-giz-se en ur sachañ evezh an dud.

Diwar-benn-se, ha preder a zo el Likès evit degas muioc’h a vrezhoneg er skol ?

O komz gant ar gelennerien nevez erruet hon eus meizet e oant kollet buan e-barzh hon skol. Nag a drepas, nag a ziri zo. Ur millendall eo a-wechoù. Ouzhpenn-se e vo savet ur “self” nevez. Divizet hon eus a-neuze adsoñjal an henchañ. Prederiañ a reomp a-neuze evit kinnig panelloù stur teiryezheg saozneg/galleg/brezhoneg…

Comment avez-vous appris le breton ?

Je n’ai pas appris le breton. Sans le savoir, enfant, j’ai fait l’apprentissage du breton et du français dans le même temps. A Landudec dans le pays bigouden, on parlait breton tous les jours. J’ai entendu cette langue avec mes parents, mes grands-parents, les voisins… C’était assez simple en quelques sorte d’apprendre. C’est plus difficile aujourd’hui étant donné qu’on ne l’entend plus autant.

Justement, avec qui parlez vous breton aujourd’hui ?

Maintenant, les gens qui parlent breton quotidiennement sont bien moins nombreux qu’autrefois. En plus de cela, ceux qui savent le breton utilisent de plus en plus le français. Ma mère qui est maintenant âgée et qui ne parlait quasiment que le breton il y a encore quelques années, adopte de plus en plus le français aujourd’hui.

Lisez-vous, écrivez-vous le breton ?

Je lis en breton lorsque je trouve le temps. Il m’arrive aussi d’écrire en breton en particulier pour des offices religieux. Je suis capable de le faire même si ce n’est pas souvent. Je n’ai pas beaucoup étudié le breton à l’école hormis une année à l’université avec Loeiz Ropars qui est décédé il y a quelques mois.

Comment voyez-vous l’avenir du breton ?

Ce n’est pas évident. Le breton que j’ai connu, celui que l’on entendait et que l’on utilisait, me semble condamné. C’est la jeunesse qui pourra maintenir vivante cette langue et il est enthousiasmant de voir des jeunes gens apprendre le breton même si ils ne sont pas nombreux. Il est aussi plaisant d’entendre plus de breton à la télé et dans les médias en général. Je suis inquiet malgré tout car on n’entend plus les gens parler breton au quotidien. Qu’est-ce qu’une langue alors apprise à l’école, si elle n’est pas utilisée en dehors des cours ?

Que peut-on faire alors ? Comment inverser la tendance ?

C’est difficile à dire. Il faudrait remettre le breton dans la vie quotidienne. Insister sur la visibilité du breton peut-être. On voit des panneaux bilingues un peu partout maintenant en Bretagne. On peut aller de l’avant de cette manière en essayant d’attirer l’attention des gens sur la question de la langue bretonne.

A ce propos, quelle réflexion a-t-on au Likès à ce sujet-là ?

En discutant avec les nouveaux enseignants qui découvrent pour la première fois le Likès, nous avons remarqué qu’ils étaient souvent perdus dans notre établissement. Le Likès apparaît parfois comme un labyrinthe. Nous avons décidé de repenser la signalétique et la dénomination des bâtiments d’autant plus que nous construisons un nouveau self. Nous menons donc une réflexion pour proposer des panneaux de signalisation qui seraient non seulement bilingue mais trilingue : anglais-français-breton.

Publié le : mercredi 9 mai 2012

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