PORTRAIT : Mgr Cogneau, ancien élève du Likès

Auguste Cogneau est né à Quimper dans la paroisse de Saint-Mathieu, le 20 Mars 1868, dans une famille dont « tous les membres se sont honorés par leur foi bretonne comme par leur ardeur au travail ».

A peine âgé de six ans, on l’inscrit comme élève externe au Pensionnat Sainte-Marie.

C’est un très brillant élève et, constamment, il occupe les premières places en classe. « J’ai rarement rencontré un élève intelligent comme M. Cogneau », aimait à répéter son ancien professeur, le vénéré Frère Donat-Louis.

Tous les ans, il a les honneurs du Palmarès. En 1874-1875, le petit Auguste est dans la classe correspondant à l’actuelle 4e primaire et obtient 3 prix, 3 accessits et la croix de vacances. En 1881 et 1882, en 3e et 4e années professionnelles, il a tous les premiers prix de Mathématiques et de Comptabilité.

JPEG - 89.2 koExtraits du Palmarès de 1875

Pendant cette enfance studieuse, Dieu lui avait parlé au coeur et l’appelait à être son ministre. Au lieu de passer l’examen d’entrée à l’école des Arts-et-Métiers, il sollicite son admission au Petit Séminaire de Pont-Croix…

Chronologie de Monseigneur Auguste Cogneau


1868 : Naissance à Quimper
1874 : Entrée, à l’âge de 6 ans, au pensionnat Sainte Marie (Likès)
1882 : Fin d’études au Likès et entrée au Petit-Séminaire de Pont-Croix
1889 : Adhésion à l’Amicale des anciens élèves du Likès qui vient d’être créée.
1891 : Ordination et nomination comme professeur au Grand Séminaire de Quimper
1892 : Allocution sur l’éducation chrétienne.
1894 : Élection au comité directeur de l’amicale
1903 : Conférence à la section antialcoolique du Likès. Il est Directeur du Grand Séminaire.
1905 : Allocution sur la Foi.
1908 : Nomination au poste de Vicaire-Général
1924 : Nomination comme président d’honneur de l’amicale des anciens élèves.
1933 : Nomination comme évêque auxiliaire de Quimper et de Léon
1946 : Se retire de la fonction, à l’âge de 78 ans après la mort de Mgr Duparc.
1952 : Décès à Quimper, à l’âge de 84 ans

Quelques discours d’Auguste Cogneau.

Allocution sur les avantages de l’Instruction Chrétienne.
Bulletin des anciens - 1892

M. l’abbé Cogneau, [professeur de philosophie au Grand-Séminaire,] dans une allocution pleine de coeur, dont nous regrettons de n’avoir que le résumé, nous rappelle ce que nous avons été sur les bancs de l’école et ce que nous devons être dans le monde.

Messieurs et Chers amis,

C’est sous l’impression d’un double sentiment que j’ai accepté votre invitation à prendre aujourd’hui la parole. J’ai été touché de votre confiance et de votre bienveillance ; j’ai ressenti aussi une véritable joie, car je trouvais enfin l’occasion de contenter un désir bien cher à mon coeur depuis le jour où parla en moi la vocation sacerdotale : le désir de faire quelque bien, de produire quelque fruit de salut dans les âmes de mes condisciples d’alors et de tous ceux qui avaient été ou qui seraient encore les élèves des Frères dans cette maison.

Puisque cette fête est, pour une grande part, une fête de souvenirs, je vous demande de revenir avec moi sur nos années d’école : j’espère y trouver quelque utile enseignement.

Les lieux que nous revoyons, les Frères qui sont encore ici nous rappellent bien, d’un côté, notre vie d’écolier, avec ses épisodes tantôt gais, tantôt tristes, de l’autre, la vie toute de travail et de dévouement de nos maîtres. Dans quel but notre jeunesse fut-elle confiée aux Frères ? Dans quel but fut-elle conduite ainsi ? Sans doute, c’était pour que nous fussions instruits dans les lettres et les sciences humaines, et nous savons avec quelle supériorité les fils du Bienheureux de la Salle accomplissent toujours cette partie de leur mission !

Mais il y avait un but plus noble et plus élevé. Nous étions ici surtout pour recevoir l’instruction religieuse et nous former à la vie chrétienne. Toutes les sciences humaines pâlissent devant cette science sublime en ses doctrines, divine dans ses origines, nécessaire à tous. C’est ici surtout que nous avons dû l’apprendre comme aussi nous avons dû nous former ici sérieusement à la pratique de tous nos devoirs de chrétiens et aux luttes de la vie.

Eh bien ! sommes-nous réunis en ce jour pour renier ce passé ?

Non, Messieurs, mille fois non, et je plaindrais celui d’entre vous qui trouverait ces souvenirs pénibles ou gênants. Nous n’avons pas le droit de renoncer aujourd’hui à ce qui fit tout l’honneur et la gloire de notre jeunesse. Et pourtant, telle est l’inconséquence de l’homme qu’il garde son estime aux sciences humaines, qu’il en entreprend l’étude à nouveau, par nécessité ou par goût, alors qu’il oublie sans regret, qu’il néglige et méprise même la science du salut, la plus belle, la plus utile, la plus nécessaire surtout qui soit au monde.

Et la conduite s’en ressent, l’indifférence et l’impiété s’étendent de plus en plus avec l’ignorance de cette science divine, si bien qu’on ne pourrait se douter, à voir vivre les hommes, qu’un Dieu a voulu souffrir et mourir pour les sauver ! O mon Dieu, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.

J’ai tort. Ils le savent bien, toujours, ceux qui ont reçu, comme nous, une éducation chrétienne, et qui désertent ensuite l’Eglise qui les a élevés. Ne soyons pas de ceux-là. Estimons l’enseignement chrétien ; défendons-le courageusement, réclamons-le énergiquement pour les enfants baptisés dans le sang de Jésus-Christ, et mettons notre vie d’accord avec cet enseignement, servons d’exemple aux enfants de cette école, que les Frères puissent dire en nous montrant : Faites comme eux.

Et maintenant pendant le Saint Sacrifice, soyons reconnaissants, souvenons-nous de nos maîtres, de nos condisciples, vivants et défunts, et prions pour eux.

Allocution contre l’alcoolisme, le 1er Mars 1903
Bulletin des anciens - Juillet 1903

La section antialcoolique se réunit à 6 heures pour entendre une conférence de M. l’abbé A. Cogneau, directeur au Séminaire qui, en sa qualité d’ancien élève, s’intéresse à tout ce qui se fait de bien au Pensionnat. C’est dire qu’il a appris avec plaisir la formation de notre petite Société, et qu’il est heureux de contribuer à l’affermir par les encouragements qu’il vient lui apporter.

M. l’abbé Cogneau nous dit ce que c’est que l’alcoolisme, et pourquoi il faut proscrire l’alcool.

Autrefois, l’on buvait, et l’on buvait dur ; souvent même l’orgie allait jusqu’à revêtir une forme cultuelle : le dieu Bacchus avait de nombreux clients. Et sans aller chercher les Juifs ni les Romains, nos ancêtres ne résistaient pas toujours à l’ineffable plaisir de se mettre en ribotte. Mais ce qu’ils absorbaient ainsi c’était des boissons naturelles, cidre, vin ou autre ; et ces boissons renferment bien de l’alcool, mais très étendus et beaucoup moins nuisible.

Et ici l’orateur reprend l’histoire de l’alcool depuis le bon moine Arnaud de Villeneuve qui le découvrit. Et puis, l’on buvait de façon intermittente, car il fallait boire beaucoup pour goûter la délicieuse sensation de perdre la tête et l’équilibre, et partant, payer cher. En sorte que le mal était superficiel et circonscrit. Mais aujourd’hui, c’est l’alcool que l’on boit, c’est le règne du petit verre, et le mal est profond, général, incurable c’est la nation tout entière qui est gangrenée.

Les ravages de l’alcool dans la famille et la société sont épouvantables. Jamais, les guerres, les famines, les pestes et autres fléaux ne firent tant de mal. Il faut donc proscrire l’alcool, et le proscrire systématiquement ; vouloir seulement limiter son champ d’action serait trop peu. Sans doute, un organisme sain peut réagir contre une petite quantité d’alcool prise de temps à autre, mais n’est-ce pas jouer avec le feu ? Et l’entraînement ? et les occasions ? On est bien vite tombé, ou retombé, dans les excès que l’on condamne.

Proscrire avant tout l’apéritif. Qu’est-ce que l’apéritif ? C’est un poison, l’alcool, auquel on a infusé un autre poison qui en varie la saveur ; et ce double poison, on le prend à jeun !

Allocution sur la Foi, le 28 mai 1905
Bulletin des anciens - Juillet 1905

Il va de soi que notre journée commence par une manifestation pieuse. L’immense chapelle peut à peine contenir les Elèves Anciens et actuels qui, à 9 heures 1/2, assistent à la messe. A l’Evangile, notre sympathique et distingué camarade M. l’ abbé Auguste Cogneau, professeur au Grand Séminaire, nous fait l’allocution ordinaire, prenant pour texte ce seul mot qui résume toute la doctrine chrétienne : « Credo : Je crois ».

Et il démontre que pour instruire les enfants, pour former leurs âmes et leurs consciences, pour en faire des hommes dans toute l’acception du terme, la Foi est absolument nécessaire aux professeurs, par cette double raison que la Foi est une lumière et en même temps une force :

La Foi est lumière sans laquelle il est impossible de diriger les enfants, au regard desquels la moindre erreur peut avoir des conséquences incalculables. Elle seule donne des principes sûrs, elle seule indique aux maîtres de jeunesse, la voie qu’il faut suivre pour former les enfants qui leur sont confiés, pour en faire des hommes de devoir et d’honneur et préparer des chrétiens pour le ciel.

Car il ne faut pas oublier que c’est le Christ qui a relevé l’enfant de l’esclavage du paganisme ; il ne faut pas oublier que ce sont ses disciples et notamment Frères des Écoles chrétiennes qui, suivant un académicien, ont réussi, par leur méthode admirable, à développer fortement la conscience de la jeunesse, en même temps qu’ils lui donnaient le maximum de la science.

La Foi peut seule atteindre ce but ; par quoi la remplacerait-on ? La question a été souvent posée ; même en 1793, les réponses ont été toujours nombreuses, mais elles constituaient un tel chaos, qu’aucune n’a obtenu sa réalisation. C’est qu’en dehors de la Foi, tout est ténèbres.

Mais la Foi n’est pas seulement une lumière, elle est aussi une force qui soutient les maîtres dans l’oeuvre difficile et particulièrement ingrate qu’ils ont entreprise. Pour y donner tous les soins, pour livrer toute sa vie à un labeur obscur, pour enseigner d’année en année les mêmes rudiments et avoir le but suprême de susciter dans l’enfance le culte des idées supérieures qui font les hommes, il faut, pour ne pas perdre courage, travailler pour Dieu toujours, sans se préoccuper de sa santé ni même de sa vie.

Ceci n’est qu’une bien pâle analyse d’une allocution qui mériterait d’être reproduite in extenso à cause de la profondeur et de la suprême vérité des idées qu’elle contient.

L’ancien élève du Likès.

M. le chanoine Cogneau Président d’honneur du Conseil d’administration de l’Amicale.
Bulletin des anciens - 1er Juillet 1924 -

Il me reste à formuler un vœu, au nom de M. le Président : M. le chanoine Cogneau fait partie du Conseil d’administration de notre Amicale depuis 1895 ; ses éminentes qualités et la confiance de Monseigneur l’ont placé au premier rang du clergé finistérien ; ne serait-il pas juste que vous lui décerniez le titre de Président d’honneur de votre Conseil d’administration ?

Au nom de M. Bolloré, je vous propose donc de nommer d’acclamation « Président d’honneur », M. le vicaire général Cogneau.

Et maintenant, Messieurs, ma tâche est accomplie ; je m’excuse d’avoir abusé de votre bienveillante attention, mais je voulais vous mettre au courant, de la situation de votre Likès et vous remercier du fond du coeur des encouragements que vous nous apportez dans notre tâche. En retour, nous prierons Dieu pour vous et pour vos familles.

JPEG - 91.2 koPhoto extraite du palmarès 1934-35

Un ancien élève du Likès nommé Évêque.
Nous les Jeunes - 10 juillet 1933

C’est avec une joie bien vive que nous apprenions la semaine dernière que M. le chanoine Cogneau était nommé évêque auxiliaire de Quimper. Depuis longtemps, tous les Likésiens, anciens et jeunes, désiraient, pour leur éminent Président, cette distinction.

Son Exc. Mgr Cogneau est né à Quimper en 1868. A peine âgé de six ans, il est inscrit comme élève au pensionnat Sainte-Marie ; nous le trouvons donc en 1874 dans la petite classe ; vif, enjoué, il est le bon camarade que tous les « petits Likésiens » recherchent et aiment : nous pouvons nous le figurer, sur la cour, jouant aux billes, au « gendarme », ou à quelque autre jeu innocent, entouré d’une bande de « jeunes » dont il est le boute-entrain.

Son intelligence s’ouvre très vite à la science ; « il apprend rapidement, en s’amusant, disait de lui le frère Donat-Louis, son ancien professeur ; il fallait l’accabler de besogne, pour avoir la paix avec M. Auguste Cogneau, et ce n’est pas toujours chose facile, car il n’était pas long à terminer ses devoirs (pas à bâcler : il a eu presque chaque année le 1er prix en écriture !) et à savoir ses leçons. »

Aussi le jeune Auguste Cogneau ne traîne pas dans les différents cours : il ne connaît pas cette douloureuse plaie de redoubler une classe. En 1882 il termine brillamment ses études au Likès et entre au Séminaire.

Ordonné prêtre en 1891, il est aussitôt nommé professeur au Grand Séminaire de Quimper ; cette nomination honorait grandement ses anciens maîtres (en particulier le regretté Frère Donat-Louis) qui avait su lui inculquer ces brillantes qualités qui caractérisèrent son enseignement : sûreté des méthodes, clarté quasi mathématique de ses exposés. M. Cogneau fut vraiment le plus aimé et le plus écouté des professeurs, il fut un « maître » dans toute l’acception du terme.

Son Exc. Mgr Auguste COGNEAU, Évêque de Thabraca, Auxiliaire de Quimper et de Léon.
Bulletin des anciens N°24 juillet 1933

La nomination de Mgr Cogneau comme Evêque auxiliaire de Quimper fut pour toute la grande Maison du Likès une bien vive joie. Depuis longtemps, tous désiraient, pour notre cher et vénéré Ancien, cette distinction qui, certes, n’est pas seulement une récompense, mais comme le dit fort bien Son Excellence Mgr Duparc, « un appel à de nouveaux travaux ».

Mgr A. Cogneau est né à Quimper (paroisse de Saint-Mathieu), le 20 Mars 1868, « d’une famille dont tous les membres se sont honorés par leur foi bretonne comme par leur ardeur au travail ».

A peine âgé de six ans, on l’inscrit comme élève externe au Pensionnat Sainte-Marie. Nous le trouvons en 1874 dans la petite classe vif, enjoué. Il est déjà, au dire de son compatriote et ami le R. P. Corentin (Paul Boschet), le bon camarade, le boute-en-train que tous les « Likésiens » recherchent et aiment.

Son intelligence s’ouvre très vite à la science ; constamment il occupe les premières places en classe. « J’ai rarement rencontré un élève intelligent comme M. Cogneau », aimait à répéter son ancien professeur, le vénéré Frère Donat-Louis ; et pourtant que d’hommes d’élite ont été formés par cet éducateur incomparable !

D’ailleurs, les palmarès de 1874 à 1883 en font foi. En 1874-1875, le petit Auguste est dans la classe correspondant à l’actuelle 4e primaire et obtient 3 prix, 3 accessits et la croix de vacances. Succès analogues les années suivantes. En 1881 et 1882, en 3e et 4e années professionnelles, il a tous les premiers prix de Mathématiques et de Comptabilité.

Chez le jeune Auguste Cogneau, la conduite et la vie surnaturelle marchent de pair avec la vie intellectuelle. Dieu lui avait parlé au cœur et l’appelait à être son ministre. Au lieu de donner l’examen des Arts-et-Métiers et d’embrasser la carrière industrielle comme ses camarades, il sollicita son admission au Petit Séminaire de Pont-Croix.

Là, comme plus tard au Grand Séminaire, sa piété, sa vertu éprouvée, sa modestie exemplaire, ses brillantes aptitudes pour les sciences et les lettres profanes comme pour les matières ecclésiastiques, sa puissance d’assimilation pour toutes les parties du programme lui assuraient sur ses condisciples un ascendant qui le préparait à devenir bientôt leur maître.

Ordonné prêtre le 10 Août 1891, il fut nommé, dès le mois d’Octobre suivant, professeur de philosophie au Séminaire, pour passer quelques années plus tard à l’enseignement de la Morale.

Dans un temps où la Philosophie universitaire laisse tant à désirer, ce n’est pas une petite affaire, pour un professeur de Philosophie Scolastique de rectifier, dans les jeunes têtes de bacheliers, les erreurs courantes, de combler les lacunes innombrables, d’enseigner les vrais principes, de préparer sûrement les esprits à l’étude de la Théologie. Les leçons claires et méthodiques du jeune maître, appuyées sur des auteurs comme Saint Thomas et le Cardinal Mercier, ouvraient à ses étudiants tout un monde d’idées nouvelles. L’initiation se faisait rapide et sans effort.

La préparation minutieuse de ses cours ne l’empêche pas, d’ailleurs, de se tenir au courant de tout le mouvement intellectuel contemporain et d’acquérir dans tous les ordres de connaissance une culture qu’il serait difficile d’égaler, même en fréquentant les grandes Universités.

Cependant, il n’oublie pas son Likès. Dès la fondation de l’Amicale, il se fait inscrire comme membre actif. Il ne manque jamais une occasion de témoigner à ses anciens Maîtres ses sentiments d’estime et d’affectueuse reconnaissance. A moins d’impossibilité absolue, il ne refusa jamais de venir présider une de nos fêtes scolaires.

En 1908, âgé de quarante ans, M. le chanoine Cogneau quitte le professorat pour occuper le poste de vicaire général qu’il a conservé depuis.

Ce qu’il fut là ? Le vénérable Mgr Duparc le proclame éloquemment « Dans l’administration diocésaine, rivalisant de zèle avec ses deux collègues, il a montré l’âme d’un chef et d’un apôtre clairvoyant autant qu’énergique, sachant prendre ses responsabilités, donnant, sans hésiter, sur chaque question, son avis motivé, et d’ailleurs parfaitement au courant de tout ce qui concerne l’administration des paroisses et celle des Congrégations religieuses, la direction des Collèges et des Ecoles, le service de l’Association diocésaine, la gestion du Syndicat Ecclésiastique et des Sociétés civiles, l’Action Catholique et tous les groupements dont elle est l’animatrice, et, plus que tout le reste, la tutelle des Pupilles de la Nation et toutes les organisations de charité et de zèle dont le réseau s’étend pour le salut des âmes sur nos villes et nos campagnes.

Nous l’avons toujours trouvé ferme sur les principes, conciliant avec les personnes, prêt à écouter les contradicteurs, condescendant pour les faibles, ayant assez de coeur pour les remonter, assez de volonté pour les redresser, assez d’expérience pour les éclairer. Nous n’avons jamais eu à lui reprocher une imprudence. »

Un tel éloge n’est-il pas déjà une sorte de nomination épiscopale ? Il glorifie l’homme et honore les milieux qui ont contribué à développer un tel ensemble de qualités. Voilà pourquoi le Likès est à juste titre heureux et fier de l’honneur mérité décerné à un de ses anciens Élèves.

Mgr Cogneau a voulu que ses armoiries unissent à l’hermine de Bretagne la statue de Notre Dame de Locmaria, qui est la plus antique Madone de Quimper, et il y a associé le souvenir de « Ty Mam Doue » par la devise bretonne qu’il a choisie : « Meuleudi da Vari, Mam Doue ». Cette devise lui a été inspirée par son patron, Saint Augustin, qui, dans ses méditations, invoquait la Très Sainte Vierge comme sa souveraine « Maria Domina mea ». La Sainte Mère de Dieu bénira son sacre (24 Août) et son ministère.

La petite cité épiscopale dont le Pape lui a attribué le titre, Thabraca, aujourd’hui connue sous le nom de Tabarca, est une ville d’aspect gracieux, dépendant de la Tunisie, et par conséquent dans la région illustrée par Saint Augustin. Au temps de Genséric, roi des Vandales et partisan de l’hérésie arienne, la vierge Sainte Maxime, en haine de la foi catholique, y fut soumise à de longues tortures auxquelles elle survécut, tandis que ses compagnons, Saint Martinien et Saint Saturien, y moururent martyrs. Ces grands Saints prieront avec nous pour le nouvel élu.

JPEG - 54.4 koFrère Cyprien-Robert, Visiteur, Mgr Cogneau, Mgr Duparc et M. Cabon, président de l’Amicale, lors du centenaire de 1938.

Décès de S. E. Mgr Auguste-Joseph-Marie COGNEAU.

Evêque titulaire de Thabraca
Président d’Honneur de l’Amicale des anciens élèves du Likès

Le Likès N° 55 - Mai 1952

Les obsèques du Prélat ont été célébrées jeudi 17 mai, sous la présidence de Son Em. le Cardinal ROQUES, Métropolitain de Bretagne.

Un grand Amicaliste.

En la personne de S. Exc. Mgr Auguste Cogneau, l’Amicale du Likès vient de perdre son membre le plus éminent et le plus dévoué. Il n’est pas de grande manifestation de l’histoire de notre École que Monseigneur n’ait voulu rehausser de sa présence : aux assemblées annuelles des Anciens Élèves, à l’inauguration du Monument aux Morts du Likès en 1934, aux fêtes du Centenaire en 1938, à la première visite officielle que nous fit S. Exc. Mgr Fauvel en 1948, à Sainte-Anne-d’Auray enfin, au mois de mai dernier, où malgré la fatigue, il voulut donner ce témoignage de reconnaissance aux Frères des Écoles Chrétiennes, en participant à la célébration solennelle du Tricentenaire de Saint Jean Baptiste de la Salle.

Une vie bien remplie.

A M. le Chanoine Perrot qui fut pendant trente ans son collaborateur, nous devons l’aperçu biographique suivant :

Quimpérois de naissance, il appartenait à une famille où le travail et la foi chrétienne étaient également en honneur. Successivement élève du Likès, du Petit Séminaire de Pont-Croix et du Grand Séminaire de Quimper, il se classe partout en tête de son cours. Et nul n’est étonné lorsque, au lendemain de son ordination au sacerdoce, il est nommé d’emblée professeur au Grand Séminaire, devenant du jour au lendemain le directeur de ceux dont la veille encore, il était le condisciple.

Il enseigne pendant de longues années la philosophie, puis la théologie morale. Nombreux sont dans le clergé du diocèse les élèves qu’il a formés, nombreux ceux qui gardent avec reconnaissance le souvenir de ses cours si clairs où la doctrine mise à force de réflexion et de travail, à la portée de tous, où les principes exposés avec précision donnaient à chacun les moyens d’acquérir la science indispensable.

Maître sévère et exigeant certes, maître respecté et vénéré donnant le premier l’exemple du travail et de l’effort. Dès cette époque, il s’intéresse aux questions sociales. Syndicats, coopératives, caisses rurales n’ont pour lui aucun secret, ce qui lui permet de rendre plus tard de grands services.

Sa réputation déborde le cadre du diocèse et la première décision de Mgr Duparc est de l’adjoindre à l’administration diocésaine en le nommant vicaire général. A ce poste éminent il donne toute sa mesure. Déjà préparé par l’enseignement de la morale aux grands séminaristes à l’étude des questions juridiques, il en devient comme un spécialiste, ce qui ne l’empêche pas de faire toute la besogne administrative qui lui revient.

Mais les questions de droit ecclésiastique, aussi bien que civil sont celles qui accaparent sa plus grande activité. C’est l’époque de la séparation de l’Église et de l’État, l’époque des associations diocésaines, des sociétés civiles qui en sont la conséquence. Il faut un homme compétent pour les établir, pour les administrer. Mgr Cogneau sera cet homme et sa compétence est si bien établie qu’il devient bientôt le conseiller de ceux qui, hors du diocèse, sont appelés à régler les mêmes questions. Grâce à lui, à sa science jamais en défaut, à son travail acharné, le diocèse de Quimper est bientôt équipé pour passer sans mal les années difficiles.

En même temps, Mgr Cogneau a, comme Supérieur, la charge de conseiller et de guide, dans le diocèse, de quelques congrégations religieuses. Les Augustines Hospitalières, les Filles du Saint-Esprit, et d’autres encore savent ce qu’elles lui doivent. Aussi fut-il soutenu dans ses travaux par leurs prières et entouré par elles jusqu’au dernier moment des soins les plus reconnaissants.

A tant de science et de dévouement, Mgr Cogneau joignait une piété, une humilité, un esprit de renoncement et de pauvreté qui faisaient l’admiration de ceux qui le connaissaient bien.

Heureux de récompenser par une dignité suprême une vertu si grande et de si bons et si loyaux services, son évêque, Mgr Duparc, qui commençait à sentir le poids des ans, demanda au Souverain Pontife d’en faire un évêque et de le lui donner comme auxiliaire. Force fut à Mgr Cogneau, dont la modestie se récusait, d’accepter l’honneur.

Son sacre en la cathédrale de Quimper fut un triomphe où éclataient la joie et la fierté de tous les diocésains mais plus particulièrement des prêtres. A partir de ce moment son activité fut encore plus grande. Il sut faire face à toutes ses obligations. Une autre voix plus autorisée dira comment il sut les mener de front et comment depuis l’accession de S. Exc. Mgr Fauvel au trône épiscopal de Quimper, il remplit avec une fidélité, une compétence, une régularité exemplaires sa charge de vicaire général, comment il ne sut jamais refuser de servir, comment, jusqu’à l’extrême limite de ses forces, il se donna tout entier à son devoir.

Et quand soudain, il y a quatre mois, il dut s’arrêter, ne plus venir à son bureau, ce fut pour lui le plus dur sacrifice. Il le fit avec l’énergie qui le caractérisait. Désormais condamné à l’inactivité, il se contente de donner de précieux conseils et de prier pour son évêque et le diocèse. Il eut de durs moments de souffrances ; il n’en gardait pas moins son amabilité, ne sachant comment remercier ceux qui le soignaient ou qui le visitaient.

Il reçut des mains de Mgr Fauvel les sacrements d’Extrême-Onction avec une piété touchante et sut trouver d’aimables paroles pour remercier ceux qui assistaient à la cérémonie. Jusqu’aux tous derniers jours, il garde l’esprit lucide. Sa dernière nuit fut, semble-t-il, très pénible.

La Vierge Marie, Notre-Dame de Ty Mamm-Doue, dont il fut toujours le pieux enfant, l’aura sûrement bien accueilli au seuil du Paradis.

Le décès.

Certes, la nouvelle du décès de S. Exc. Mgr Cogneau n’a surpris personne. Le communiqué publié le 4 avril par la Semaine Religieuse de Quimper laissait clairement entrevoir une très prochaine issue fatale. Les personnes qui approchaient le malade avaient constaté toutefois un mieux sensible ces derniers jours et se reprenaient à espérer avec la venue du printemps. Mais pour ceux qui ont assisté des agonisants, il était évident que ce mieux n’était que la dernière flamme d’une vie qui s’éteint.

La journée de vendredi avait été particulièrement pénible pour le Prélat. La nuit qui suivit n’apporta aucun répit au malade. Et c’est tout doucement en fin de matinée du Samedi-Saint, alors que les cloches pascales demeuraient encore muettes que Son Excellence

Monseigneur Auguste-Joseph-Marie Cogneau, entouré des religieuses qui le soignaient et de son médecin, rendit le dernier soupir. Il était 11 h. 15. Le défunt avait eu 84 ans, le 28 mars dernier.

Les funérailles.

La levée du corps fut faite par Mgr Villepelet, évêque de Nantes, assisté de son Vicaire général, M. le chanoine Bordet. Sur le parcours qui conduisait à la Cathédrale, des centaines de Quimpérois s’étaient massés tout au long des rues où toute circulation était pratiquement interrompue. En tête du cortège marchaient les enfants des orphelinats Massé et de la Providence, puis les différentes Communautés de Religieuses de la ville.

Les Frères des Écoles chrétiennes, les Frères de Saint-Gabriel, les Frères de l’Instruction Chrétienne de Ploërmel, précédaient les membres du clergé, prêtres en surplis, doyens en mosette, chanoines en camail, disposés selon les règles d’un strict protocole. Les robes rouges, les coules blanches cisterciennes, noires bénédictines précédaient de peu les membres de l’épiscopat présents.

Lentement remorqué par deux chevaux empanachés, le corbillard avançait, immédiatement suivi du deuil. Les cordons du poêle étaient tenus par MM. Le Ninivin, avoué ; Simon, architecte ; Manière, notaire ; Queinnec, avoué ; Le Gouill, professeur, et Jacob, assureur.

Derrière le corbillard avançait le deuil, conduit par S. Exc. Mg Fauvel, évêque de Quimper et de Léon ; MM. les chanoines Cadiou, Cotten, Bellec et Hervé, vicaires généraux ; Perrot, ancien secrétaire général de l’Evêché ; François Hélou, chanoine honoraire, secrétaire général ; Pierre Quiniou, chanoine honoraire, chancelier ; Pierre-Jean Nédélec, secrétaire archiviste.

Puis suivaient les membres de la famille.

Le nocturne fut présidé par le cardinal Roques, métropolitain de Bretagne, qu’assistaient S. Exc ;. Mgr Baron, vicaire général de Vannes, et M. le chanoine Guéguen, doyen du Chapitre.

Les chorales des religieuses de la ville, les prêtres et les séminaristes, sous la direction de M. l’abbé Marrec, professeur de chant au Grand Séminaire, interprétèrent les chants de l’office.

La messe de Requiem était ensuite célébrée par S. Exc. Mgr Le Bellec, évêque de Vannes, qu’assistaient MM. les chanoines Corentin Grill, comme diacre, et Louis Le Baccon, comme sous-diacre.

Les cérémonies religieuses étaient réglées par M. l’abbé Jean-François Falc’hun, professeur de droit canon et de liturgie au Séminaire.

Dans l’avant-choeur, où avait été dressé le catafalque, se tenaient les chanoines du diocèse, MM. les chanoines curés archiprêtres Benjamin Courtet, de Saint-Corentin ; Balbous, de Saint-Louis de Brest ; Lespagnol, de Quimperlé ; Pouliquen, de Châteaulin ; Louarn, de Morlaix ; Favé, de Saint-Pol-de-Léon.

Dans le sanctuaire, au trône épiscopal, se tenait S. Exc. le Cardinal Roques, métropolitain de Bretagne, assisté de Mgr Le Baron, vicaire général de Vannes, et de M. le chanoine Guéguen, doyen du Chapitre. Puis Leurs Excellences NN. SS. Friteau, évêque titulaire de Jubrada ; Villepelet, évêque de Nantes ; Chapoullie, évêque d’Angers ; Chevallier, évêque auxiliaire du Mans ; Riopel, évêque auxiliaire de Rennes ; les RR. PP. Dom Cozien, abbé de Solesmes ; Dom Demazure, abbé de Kergonan ; Dom Colliot, abbé de Kerbénéat-Landévennec ; Dom Alexis, abbé de Boquen ; Dom Gabriel, abbé de Thymadeuc ; Dom Bernard, abbé de Magguzano ; NN. SS. Pasquier, recteur de l’université Catholique d’Angers ; Quelven, supérieur du Petit Séminaire de Sainte-Anne-d’Auray ; Soubigou, vice-recteur de l’Université Catholique d’Angers : MM. les chanoines Bordet de Nantes ; Brochen, de Saint-Brieuc, représentant S. Exc. Mgr Couquel ; Perotais, doyen du Chapitre cathédral de Nantes ; les RR. PP. Quéguiner, représentant le Supérieur général des Missions Etrangères ; Moisan, représentant le Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit.

Dans la nef centrale, l’on notait la présence de MM. J. Laporte, préfet du Finistère, accompagné de son chef de Cabinet ; Colin et Monteil, députés ; Le Bot, sénateur ; Crouan, président du Conseil Général ; Bernard, premier adjoint de Quimper, représentant M. Halléguen, député-maire ; le colonel de Lambily, commandant le groupe de subdivisions de Vannes ; Boucher, Le Coq, Lavalou, Castel, Salaün, conseillers généraux ; commandant Fauvel, commandant la compagnie de Gendarmerie du Finistère ; capitaine Collet, commandant la section de Quimper ; Le Guennec, maire de Penhars ; De Roeck, directeur départemental des P.T.T. ; Perrot, juge d’instruction ; capitaine Lardin, représentant le commandant d’armes ; Bodet, président de la Chambre de Commerce ; le C. F. Directeur du Likès ; les professeurs du Likès et les membres de l’Amicale conduits par Jean Marchalot, leur président ; Branquec, Courtay, Riou, adjoints au maire de Quimper ; Mme Queffurus ; MM. Meingan, Quéméré, conseillers municipaux ; commissaire de police principal ; Dr Tuset, directeur départemental des Services de Santé ; Herbe, inspecteur des renseignements généraux, représentant M. Manach, commissaire ; Golhen, vice-président de l’Amicale des Coloniaux ; Vaquet, ancien archiviste du département ; Mme Foutou-Duplessis, adjointe au maire de Brest, chargée des oeuvres sociales ; MM. Robin, Inspecteur de l’Enregistrement ; M Wolfart, directeur de la Phalange d’Arvor ; colonel Autrou, directeur de la Jeanne-d’Arc ; Le Goaziou, libraire ; Le Grand, photographe ; Roland-Lequer, président du Tribunal de Commerce ; Moreau de Lisoreux et Jean Poulhazan, directeurs des Caisses Rurales ; Paul Craff, inspecteur directeur ; Jean Raphalen, membre du Conseil d’administration ; de Guébriant, président de l’Union des Syndicats Agricoles du Finistère et des Côtes-du-Nord ; Bonthonneau, président départemental de l’A. P.E.L. ; docteur Lagriffe, président de la Légion d’Honneur ; Me Paugam, ancien Bâtonnier du barreau de Quimper ; Quéinnec, notaire à Pont-l’Abbé, ancien sénateur ; Mlles Trévidic, Nicolas et Tachon, du Comité départemental de la Croix-Rouge Française ; MM. Le Lay, inspecteur général d’Académie ; le vice-amiral Odhendal, président diocésain du Secours Catholique.

Au cours de l’office religieux, les grandes orgues se firent entendre à l’Elévation, avec Jesuz pegen bras ve ; à la communion : O elez ar baradoz et, à la sortie, avec une pièce en mi bémol mineur de Vierne.

Les petites orgues étaient tenues par M. l’abbé Louis Tirilly, maître de chapelle.

L’éloge funèbre du défunt.

Avant l’absoute, S. Exc. Mgr Fauvel, qui se trouvait dans le deuil au premier rang de la grande nef, monta en chaire pour prononcer l’éloge de S. Exc. Mgr Cogneau. Toute de suite, Mgr. Fauvel retraça l’existence du disparu qui fut élevé par des parents chrétiens et se montra dans la prime jeunesse un brillant élève, aussi bien au Likès qu’au Petit Séminaire de Pont-Croix. Ordonné prêtre en 1891, le jeune abbé Gogneau se trouvait promu vicaire général en 1908, dès l’arrivée du regretté Mgr Duparc.

« Son caractère, déclara Mgr Fauvel, fut à la mesure de sa haute stature, marqué par l’énergie de ses traits et la ligne nette et simple de ses cheveux. Il fut la définition même d’un esprit réfléchi, attentif, appliqué. C’est aussi par le seul respect de la tradition qu’il se montrera plus exigeant dans l’application du droit, comme toujours prêt à le défendre. »

Cette exigence pourtant se soumettra aux mesures de prudence dictées par une haute conscience professionnelle, dont Mgr Fauvel donne quelques exemples.

« Son action dans la défense de l’école chrétienne, dans l’application de la doctrine sociale de l’Église, eut souvent l’occasion de se témoigner. Et, si elle le fit avec succès, c’est bien grâce au concours d’une information vaste, aux qualités de juriste du défunt. Il avait le mot juste, la phrase sobre, servis par une étude renouvelée des classiques, par une étude poursuivie des problèmes de l’heure. Il était trop grand pour être mesquin, trop droit pour tolérer le moindre artifice, loyal dans son appréciation des personnes, scrupuleux dans les décisions qu’il fut amené à prendre. Toute sa vie il s’efforça de rester juste. Telles sont les qualités qui firent du défunt un homme vénérable, qui inspirait le respect, qui forçait l’admiration. Aussi peut-on dire de lui qu’il fut bien le fils de sa race et que ses qualités il les a puisées dans sa foi. »

Avant de terminer la présentation de ce portrait, S. Exc, Mgr Fauvel d’indiquer le ton des relations qui existèrent entre le défunt et lui-même dès le lendemain de son arrivée dans le diocèse

« C’est un hommage très ému que je rends à son attitude très discrète, si loyale, si déférente, si dévouée. Il fut pour moi un précieux réconfort. »

C’est adieu du pasteur du diocèse :

« Dieu lui a accordé quelques semaines de recueillement avant le grand départ. Mgr Cogneau a conservé sa parfaite lucidité jusqu’à la fin, s’intéressant à la vie du diocèse. Une telle vie ne pouvait que se terminer dans la sérénité des beaux soirs. Ce Juste, qui avait vécu de la foi, en vivra désormais. Il vivra aussi dans nos mémoires, dans l’éternité bienheureuse, celle qui a été promise à celui qui n’a jamais cherché qu’à accomplir son devoir. »

L’Absoute

Les sourdes modulations de l’orgue amenèrent le chant du Libera, que présida Son Eminence le Cardinal Roques. Il n’y eut qu’une seule absoute, selon le propre du Grégorien. La prière de l’Église fut reprise par toute l’assistance, cependant que tombait, du grand clocher de Saint-Corentin, le glas qui précède la conduite au cimetière.

Le cortège se reforma à la sortie de la cathédrale, sous la présidence de S. Exc. Mgr Friteau, évêque de Jabruda. Par la rue Kéréon, la rue du Chapeau-Rouge et la rue Saint-Marc, la longue théorie des assistants, précédant le char funèbre, gagna le cimetière Saint-Marc où le défunt avait lui-même choisi sa tombe, à l’ombre de la grande croix.

JPEG - 80.9 koInscription figurant sur la tombe de Mgr Cogneau au cimetière St Marc, novembre 2012

Tout ne fut que simplicité jusqu’au bout. Le prélat récita les dernières prières, bénit à nouveau le cercueil sur lequel avait été posé la mitre du défunt, et se retira, imité aussitôt par tous les dignitaires ecclésiastiques présents et les fidèles.

Son Excellence Monseigneur Auguste Joseph-Marie Cogneau, évêque de Thabraca, vicaire général de Quimper, avait reçu l’ultime hommage du diocèse de Quimper, de la ville épiscopale où il passa la plus grande partie de son existence,

Publié le : dimanche 28 octobre 2012

LE LIKès | La Salle - Quimper

20, Place de la Tourbie - 29196 QUIMPER Cédex
Tél. 02 98 95 04 86 - Fax 02 98 95 06 24

Contact | Plan du site | Mentions légales

suivez nous sur facebook Suivez nous sur twitter

une création : www.studioentete.com