Mona Gahinet - Encore le poids de la honte

Me am eus desket war barlenn va mamm ha ma zad. Desavet on bet e brezhoneg penn-da-benn. Desket em eus galleg gant an endro. Un dibab e oa evit va zud. Ma zad n’en doa ket bet tro da zeskiñ ar yezh gant e zud. Desket en deus brezhoneg goude-se pa oa 18 vloaz p’en deus kroget e studiañ e Skol-veur Roazhon. Diwezhatoc’h en deus choazet desevel e vugale e brezhoneg da gentañ tout. Lavarout a ran trugarez dezhañ peogwir en deus treuzkaset deomp yezh ar vro. D’ar mare-se, dreist-holl goude ar brezel (evit va c’hoarezed henañ da skouer), ne oa ket anat seurt emzalc’h. Ne oa ket gwelet mat ar brezhoneg. War batrom va zud em eus ivez treuskaset ar yezh d’am div verc’h. Ne gomzan nemet brezhoneg ganto. Aes awalc’h eo komz brezhoneg gant ar familh gant va breudeur ha c’hoarezed. Startoc’h eo er vuhez pemdeziek. Klask a ran komz bewech ma c’hellan. Kejet e vez gant kalzig a dud a oar brezhoneg nemet e ya buan ar gaoz e galleg evel ma vije c’hoazh samm ar vezh. N’eo ket echu ! Siwazh...

JPEG - 41.2 koMona Gahinet, professeur de vente

J’ai appris le breton dès ma plus tendre enfance. Dans la famille, nous étions immergés dans cette langue ; j’ai appris le français en fait, avec l’environnement extérieur. Mon père n’a pas eu la chance d’apprendre la langue avec ses parents. Il a appris le breton à ses 18 ans, lorsqu’il l’a étudié à l’université à Rennes. Plus tard, il a fait le choix d’élever tous ses enfants dans une ambiance totalement bretonnante. Je les en remercie car c’est ainsi qu’une langue peut se perpétuer. La démarche de mon père n’était pas évidente à l’époque, surtout après la guerre. Le breton n’était pas forcément très bien vu. Naturellement, j’ai également transmis la langue à mes deux filles suivant ainsi le modèle familial. Je ne leur parle qu’en breton. C’est assez facile de parler breton au sein de ma famille avec mes frères et sœurs. C’est plus difficile de trouver des bretonnants dans la vie quotidienne. J’essaye de parler à chaque fois que je le peux. On rencontre pas mal de gens qui savent le breton mais les conversations se passent en français comme si il y avait encore le poids de la honte. Ce n’est pas fini ! Hélas !…

Publié le : mercredi 9 mai 2012

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