L’organisation des études au 19ème siècle.

« Le premier organigramme, celui de 1838, est des plus simples en apparence :
- 1ère année : enseignement du français par le breton ;
- 2ème année : enseignement agricole.

Mais, on trouve là , dès le départ, deux aspects dominants, aujourd’hui disparus, du Likès du 19ème siècle : enseignement primaire élémentaire et supérieur, enseignement agricole.

Enseignement primaire élémentaire.

Jusqu’en 1939, Le Likès a eu des classes primaires élémentaires où les élèves apprenaient les bases du savoir : lire, écrire, compter... Certes, les "likès" qui quittaient momentanément leurs campagnes pour venir à Quimper chercher un complément d’instruction, possédaient déjà, comme le signalait Bouet, dans son histoire de Corentin, quelques rudiments de lecture en breton (ne fut-ce que par les leçons du catéchisme paroissial) ou même en latin (appris dans quelque école presbytérale), mais il s’agissait désormais pour eux d’apprendre à parler, lire et écrire correctement le français, clé de la réussite sociale.

Apprendre le français à partir du breton.

L’école ouverte en 1838 pour les recevoir s’attacha résolument à cette tâche et, pour cela, elle pratiqua dès le départ la méthode consistant à aller du connu à l’inconnu : étude du français par le breton. Cette méthode fut longtemps en usage au Likès, comme le souligne l’article déjà mentionné du « Bulletin des Ecoles Chrétiennes » et dont nous extrayons les lignes suivantes :

« Dans les basses classes, des livres, dus à la plume de quelques Frères, initient (l’élève), par comparaison avec sa propre langue, à la connaissance de la langue française. Ce n’est pas là, sans doute, une application de la méthode directe, si prônée aujourd’hui.
Après expérience, c’est la seule reconnue pratique avec les petits paysans bretons. A telle enseigne que ces ouvrages ont été hautement loués par des revues philologiques et adoptés par des membres de l’enseignement officiel ...
 »

Parmi les ouvrages dont il est parlé ci-dessus, mentionnons celui, bien connu, intitulé « Kenteliou brezounek da drei e gallek » (Leçons bretonnes à traduire en français) et publié par le Frère Constantius (Jean-Marie Apprioual) qui fut directeur de l’école de Landivisiau de 1883 à 1902.

Des classes pour les élèves de la ville de Quimper.
Lorsque, parallèlement aux jeunes campagnards, Le Likès ouvrit ses classes élémentaires aux élèves de Quimper qui eux savaient déjà le français, il fallut s’adapter et c’est pourquoi on voit apparaître, dans l’organigramme de 1875, des classes primaires dites "particulières" où l’enseignement se faisait uniquement en français. On les retrouve en 1887 mais elles disparaissent en 1898 pour réapparaître en 1905.

L’enseignement primaire supérieur.

A la suite des classes primaires élémentaires dont les études étaient sanctionnées par le certificat d’études élémentaires, les élèves pouvaient accéder à un second cycle de classes où l’enseignement était à la fois celui du primaire supérieur (français, mathématiques, sciences physiques et naturelles, histoire et géographie, dessin) et celui d’une spécialité professionnelle (au début, agriculture seule, puis, vers la fin du siècle, industrie ou commerce).
Ces classes préparaient des élèves au certificat d’études supérieures, aux examens des bourses pour les lycées et collèges, aux concours d’entrée à l’école normale publique (d’abord celle de Rennes, puis celle de Quimper, ouverte en 1873 et confiée aux Frères), au brevet d’instituteur etc...

L’enseignement agricole.

Si le Ministère de l’Instruction Publique et le Rectorat voyaient surtout dans "l’école spéciale pour les enfants de la campagne" un moyen de francisation, pour les autorités locales et le préfet en particulier, c’était aussi une occasion à saisir pour l’amélioration et le développement de l’agriculture dans la région…

L’enseignement industriel et commercial.

Pendant longtemps, Le Likès a donc été uniquement centré sur les études primaires élémentaires, primaires supérieures et agricoles, ces deux dernières étant d’ailleurs étroitement liées. Mais l’organigramme de 1875 apporte une nouveauté : à la suite de la classe de 3e année agricole, apparaît un "cours spécial", préparant à des concours officiels : Arts et Métiers, Administration ... C’est là un pas vers l’organisation de sections autonomes, industrielle et commerciale, parallèlement aux classes agricoles.

La section industrielle.
La section industrielle est la première des deux à être mise en place et elle apparaît complète dans l’organigramme de 1887. Mais elle avait déjà été amorcée au temps du Frère Dagobert. En effet, vers 1865, la direction du Likès s’aperçut que bon nombre d’élèves externes ou pensionnaires allaient terminer leurs études à l’Ecole Primaire Supérieure, annexée au Collège municipal depuis 1834, afin d’y apprendre le travail du fer, exigé au concours d’entrée dans les écoles d’ingénieurs Arts et Métiers.
Le Frère Dagobert décida donc d’ouvrir une section préparatoire à ce concours, et, comme la maison ne possédait pas d’atelier, on conduisait les candidats, chez un ancien élève, maître-mécanicien, qui se chargea de la préparation pratique.
Dès 1866, sur quatre élèves présentés au concours, trois le réussirent : premiers d’une longue liste de lauréats, puisque, durant la période 1866 - 1906, 136 likésiens entrèrent dans les écoles d’Arts et Métiers : d’abord uniquement dans celles d’Angers ou de Cluny (publiques) puis, à partir de 1899, également dans celles de Lille (ICAM) et de Reims (future ECAM).

La section administrative et commerciale.
La section administrative et commerciale n’apparaît complète que dans l’organigramme de 1898 mais la chose existait avant le nom. Des 1875, nous l’avons signalé, il y avait déjà une "classe spéciale", préparant (outre les Arts et Métiers) différents concours administratifs. On trouve la mention de ces concours dans les palmarès, à partir des années 1870. Ils ont nom : Agents-Voyers, Contributions Indirectes, Postes et Télégraphes, Ponts et Chaussées, Douanes, Elèves-Fourriers de la Marine, Chemins de Fer etc... Outre les candidats à ces concours, la section accueille tous ceux qui envisagent une carrière dans le commerce ou le négoce.
Aussi voit-on les études s’adapter progressivement à ces différents besoins. La comptabilité commerciale apparaît en 1869, l’étude de l’anglais en 1870, la tenue des livres en 1896, tout cela en plus des disciplines du primaire supérieur qui y forment la base de l’enseignement, comme dans les deux autres sections.

Ainsi, à la fin du XIXe siècle, Le Likès se présente-t-il avec une physionomie pédagogique originale, répondant à une population scolaire très diverse : fils de paysans, de marins, de commerçants, de petits patrons, d’employés ou d’ouvriers. Cette formule connut un tel succès qu’on verra l’organigramme de 1898 être reproduit tel quel après la réouverture de 1919. »

Publié le : lundi 13 août 2012

LE LIKès | La Salle - Quimper

20, Place de la Tourbie - 29196 QUIMPER Cédex
Tél. 02 98 95 04 86 - Fax 02 98 95 06 24

Contact | Plan du site | Mentions légales

suivez nous sur facebook Suivez nous sur twitter

une création : www.studioentete.com