HISTOIRE : Maurice Herzog, parrain de la promotion 1960.

Après la seconde guerre mondiale, chaque année, les élèves de terminale du Likès étaient de plus en plus nombreux à s’inscrire à l’université de Rennes ou dans de grandes écoles et s’interrogeaient sur leur futur vie d’étudiant.

Ils élisaient un bureau de Promotion qui établissait un contact avec les jeunes anciens pour connaître leurs parcours et tenter d’informer sur les différentes orientations possibles après le baccalauréat.

Au-delà des ambitions pratiques, il y avait sans doute aussi la volonté de créer une bonne ambiance entre des élèves qui garderaient des liens d’amitié après leur départ du Likès.

Pour personnaliser leur « association », la Promotion cherchait, parmi les personnages célèbres de l’époque, quelqu’un qui avait fait preuve, dans sa vie, de qualités particulièrement remarquables dans les domaines des sciences, de la politique, de la littérature, du sport…

JPEG - 110 koLettre de M René Coty, ancien Président de la République.

En 1960, les terminales du Likès sollicitent Maurice Herzog, le célèbre alpiniste, devenu homme politique.
L’histoire de la promotion Maurice Herzog [1] est racontée dans « le Likès » n° 106 de mars-avril-mai 1960.

PROMOTION 1960 « MAURICE HERZOG »

Rompant avec la tradition, les élèves des classes Terminales ont élu, dès le début de l’année scolaire, leur bureau de Promotion.
Denis Tréguier de Sciences Expérimentales, devait en assurer la Présidence, secondé par Pierre Tréguier de Première industrielle. Daniel Kerserho, de Mathématiques et Technique, et Francis L’Hénoret de Mathématiques Élémentaires, acceptaient les fonctions de secrétaire et de trésorier.

Ainsi organisé, le Bureau se donnait pour mission d’établir dès maintenant des relations avec les anciens élèves du Likès et d’être auprès de leurs camarades de classe un facteur de soutien et d’entraide.

Une première rencontre d’amitié réunissait, au mois de décembre, les CC. FF. Directeur et Pro-Directeur, MM. les Aumôniers, les Professeurs de Première Division et les élèves des Classes Terminales. Le président Denis Tréguier en profita pour définir l’esprit de la promotion et pour préciser le programme d’action du Bureau.

Malgré une bonne organisation de départ, la promotion 1960 souffrait cependant de l’absence de parrain. Les nobles aspirations, le sens de la solidarité et de l’héroïsme qui animent nos finissants, trouvèrent bien vite leur concrétisation en la personne de M. Maurice Herzog, Haut-Commissaire à la Jeunesse et aux Sports.

Au président Denis Tréguier qui sollicita ce patronage, M. Maurice Herzog daigna adresser la lettre suivante.

Haut Commissariat à la Jeunesse et aux Sports
Le Haut Commissaire

- Paris, le 10 février 1960,

Monsieur,

Par votre lettre du 19 Janvier vous avez bien voulu vous faire le porte-parole de vos camarades qui ont exprimé le souhait que je parraine l’une de vos promotions. C’est bien volontiers que je vous donne une réponse favorable.

J’ai été sensible à ce que vous me dites des aspirations de votre génération. A notre époque se présentent des tâches plus exaltantes que jamais dans un monde en pleine évolution.

J’ai eu l’occasion de l’affirmer, la grande chance de notre pays est dans sa jeunesse. Je suis persuadé que l’on doit faire confiance à celle-ci pour être à la mesure des responsabilités qui seront les siennes. La construction de l’avenir réclame, avec la noblesse de l’idéal, l’esprit d’équipe, le courage et la patience dans l’effort quotidien. Chacun a ainsi sa propre montagne à gravir.

Je souhaite bon travail et succès à votre promotion.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Maurice Herzog.

Riche du parrainage de M. M. Herzog et de la confiance de leurs camarades, le Bureau de Promotion devait sans plus tarder prendre des initiatives. Ainsi une correspondance assez régulière est amorcée avec le Groupe des Etudiants de Rennes dans le but d’établir un dialogue profitable entre les finissants et les anciens du Likès.

Les élèves des Classes Terminales ne sont pas sans se préoccuper des problèmes et des difficultés de la vie universitaire, des questions d’orientation et de spécialisation des études : ils pourront donc bénéficier de l’expérience de leurs devanciers. Plusieurs projettent déjà de se mettre en relation directe avec certains anciens. Des bruits courent sur une éventuelle rencontre au Likès...

Il est à souhaiter que la nouvelle Promotion ne se contente pas d’être honorée d’un haut patronage mais qu’elle sache se montrer active et soucieuse des intérêts et du plus grand bien de tous les membres.

Le Bureau de la Promotion « Maurice Herzog »

Rencontre entre les dirigeants sportifs likésiens et Maurice Herzog.

Le 25 Juin 1960, M. Herzog, Haut-Commissaire à la Jeunesse et aux Sports, remet à une délégation likésienne le challenge du Ministre de l’Éducation Nationale décerné à l’établissement le mieux classé pour l’attribution des Brevets Sportifs Populaires. Étaient présents : le F. Nicolas, directeur des sports, M Souchu, Denis Tréguier, Alain Le Boullicaut, J.-P Le Grand et Robert Kervarec.

1963 : Histoire de la Promotion Michel de Saint-Pierre

La nécessité d’une promotion dans une classe terminale n’est plus à démontrer. Cette année elle ne prit conscience de ses responsabilités qu’à la rentrée des vacances de Noël. Certes ses membres avaient été élus avant le départ en vacances ; le système d’élection était simple : nous avions adopté le suffrage universel à la majorité des deux tiers aux trois premiers tours, et la majorité absolue ensuite si cela était nécessaire. Nous avons élu ainsi huit membres, dont deux présidents.

Sa tâche la plus importante était de trouver un parrain, chose facile, me direz-vous, dans une époque comme la nôtre où fleurissent bon nombre de vedettes dans tous les domaines tant politique que cinématographique !

Mais chercher un parrain, comme nous le disions déjà dans le précédent numéro du Likès, ce n’est pas seulement chercher un homme célèbre, c’est aussi et surtout découvrir dans un personnage un idéal de vie qui se soit réellement concrétisé. C’est, vous le savez déjà, vers les écrivains catholiques que nous nous sommes tournés, et Monsieur Michel de Saint-Pierre [2] représentait certes cet idéal qu’il définissait lui-même dans sa devise « Se compromettre ».

Mais, dans le domaine des réalisations immédiates, il nous incombait de faire quelque chose pour aider nos camarades dans la recherche de leur orientation. C’est ainsi que nous avons été amenés à créer un journal de promotion. Son titre, tout en restant banal : « Contact », matérialisait bien les intentions des promoteurs :
- Établir un contact permanent avec les jeunes anciens, d’une part, grâce à un échange de lettres ;
- Donner au cours de l’année une idée d’ensemble sur les différentes orientations possibles après le deuxième baccalauréat [3]
- Et enfin, dans la mesure du possible distraire quelque peu les lecteurs qui risquaient d’être trop « polarisés ».

Le premier numéro annonçait une parution pour chaque quinzaine ; « on » nous dit que nous nous essoufflerions et pourtant nous avons tenu cette cadence jusqu’à la mi-mai, date de notre repas de promotion.

Toujours dans ce même but d’orientation, nous avons décidé d’afficher au foyer de première division un tableau synoptique des différentes options après le deuxième baccalauréat, avec les renseignements concernant les écoles mentionnées, et d’organiser plusieurs conférences, car rien ne peut remplacer les contacts directs avec les personnes qui « sont dans le bain ».

Cet aperçu serait certes incomplet si nous ne mentionnions notre repas de promotion qui à nos yeux est l’événement le plus important de la vie d’une promotion, et qui pourrait en quelque sorte lui servir de test...

Il fut fixé cette année au 26 mai ; la date en était quelque peu mal choisie pour messieurs les professeurs civils qui auraient tenu à rester dans leur foyer pour cette fête des mères : ils n’en eurent que plus de mérites à venir se joindre à nous. Une seule ombre planait sur nos têtes en ce dimanche matin : Monsieur Michel de Saint-Pierre ne pouvait se déplacer, et nous le regrettions beaucoup.

Le repas était excellemment préparé et tout se passa dans les meilleures conditions. Chansons et histoires en tous genres donnèrent à cette fin de repas une note de gaieté et de bonne humeur…

A la fin de ce repas, il y avait un soleil radieux sur Quimper ; c’était en quelque sorte une invitation à l’évasion : la nature printanière nous tendait les bras…

Et, le lendemain, la routine quotidienne reprenait, mais chacun avait dans son esprit le souvenir d’une très agréable journée et la certitude d’appartenir à une promotion qui s’était affirmée en cette occasion.

Nous l’espérons, elle laissera derrière elle un excellent souvenir et restera toujours aussi soudée qu’elle l’était en ce dimanche de mai.

Le Président de le Promotion « Michel de Saint-Pierre »,
Denis MARION.

« Le Likès » n° 117 - mars-avril 1963

Notes

[1Né en 1919, mort le 13 décembre 2012, vainqueur de l’Annapurna en juin 1950, Haut Commissaire à la Jeunesse et au Sport puis Secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports de 1958 à 1965.

[2né en 1916, mort en 1987 ; journaliste et écrivain catholique, auteur de "Les Murmures de Satan" en 1959, "Les Nouveaux Aristocrates" en 1961...

[3Jusqu’en 1965, le baccalauréat comportait une première partie, passée en première et une deuxième partie passée en terminale.

Publié le : lundi 17 décembre 2012

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