HISTOIRE : 1828, les Frères des Écoles Chrétiennes arrivent à Quimper.

Les Frères des Écoles Chrétiennes sont arrivés à Quimper en 1828. Si l’on en croit Frère Le Doré, c’est le remplacement de Mgr. Dombideau, favorable aux Frères de Jean-Marie de La Mennais, par Mgr. de Poulpiquet, favorable aux Frères de St Jean-Baptiste de la Salle, qui est à l’origine du choix en leur faveur.

Vous pouvez lire, ci-dessous, les deux textes de Frère Le Doré parus dans les numéros "Le Likès" n°171 et 172, au cours de l’année 1978-1979.

J’ai ajouté un passage de l’Historique racontant la laïcisation de l’école communale et la renaissance de l’école « Saint-Corentin » dans de nouveaux locaux, rue de Brest.

« Saint-Co » vient de quitter ces installations à la rentrée 2012 pour se rapprocher, une nouvelle fois mais cette fois définitivement (?), des installations du Likès.

Quelques notes, extraites de "L’Église de Bretagne depuis ses commencements jusqu’à nos jours" écrit en 1839 par M. l’Abbé Tresvaux, vous éclaireront sur la personnalités des deux évêques concernés par ces évènements et sur les liens entre les Frères de l’Instruction Chrétienne et les Frères des Écoles Chrétiennes.

L’arrivée des Frères à Quimper

En décembre 1822, le 17 exactement, une école communale, confiée aux Frères des Écoles Chrétiennes s’ouvre à Brest. Quimper, résolue à ne pas être en reste, envisage une création identique : à cet effet, des fonds sont collectés par souscription.

De son côté, l’évêque, Mgr Dombideau, qui suivait avec intérêt les progrès de la jeune Congrégation de Frères récemment fondée par Jean-Marie de La Mennais, propose à ce dernier d’installer son Noviciat à Quimper, dans la vraisemblable perspective de lui voir confier la future école.

Le Conseil Général du Finistère approuve ce projet en juin 1823. Pour traiter des modalités pratiques, l’évêque décide alors d’aller rencontrer l’abbé de La Mennais qui résidait à Paris. Il meurt subitement dans la nuit du 28 Juin en montant en voiture.

JPEG - 85.3 koMgr. de Poulpiquet usa aussi de son influence pour créer l’école des likès.

Mgr de Poulpiquet va lui succéder. Il écarte le projet de son prédécesseur et sollicite les autorisations pour la venue des Frères des Écoles Chrétiennes vers qui allaient ses sympathies.

Le 15 septembre 1824, le Conseil municipal vote un crédit de 4.000 F pour les frais du premier établissement de l’école. Trois jours après, Mgr de Poulpiquet se porte acquéreur d’une maison (mise en vente par Me de Tardy) « sise en cette ville de Quimper, rue du Collège, portant le n° 8... ladite maison ayant entrée de porte cochère sur ladite rue et consistant avec ses principales dépendances, en deux corps de logis, deux cours, un jardin et une venelle… »

L’évêque sollicite une ordonnance royale en approbation de l’achat. Mais comme c’est la ville, et non l’évêque, qui doit être propriétaire de la maison d’école, le transfert de propriété est opéré le 4 août 1825. Deux mois plus tard, l’ordonnance royale est enfin rendue : « ... en notre château de Saint Cloud, le 23ème jour du mois de septembre... signé : Charles ».

Tout est prêt, l’école peut s’ouvrir... et il va falloir attendre trois ans. L’hôtel de la Mairie menace ruine : « les architectes (déclarent) qu’il y a péril extrême à (y) rester » écrit le Maire, M. Briant de Laubrière [1] qui installe Conseil et bureaux au n° 8 de la rue du Collège [2].

1828, les choses s’arrangent enfin. Les modalités financières de la prise en charge de l’école par les Frères sont étudiées et approuvées en mai par le Conseil Municipal.

Trois Frères, les premiers à Quimper, (F. Agrève, directeur, et deux maîtres) descendent de la diligence le 6 décembre 1828.

JPEG - 110 koLa propriété accueillant les écoliers

L’inauguration officielle de l’École Communale eut lieu le 8 Janvier 1829. Et avec quelle solennité ! Les élèves, les Frères et les notabilités de la ville, dont M. Briant de Laubrière, maire, et M. de Castellane, Préfet, se rendirent d’abord à la cathédrale où la messe pontificale du Saint-Esprit fut célébrée par Mgr de Poulpiquet. M. le Vicaire Général y alla d’une petite allocution et, après l’ « ite missa est », on entonna le « Te Deum » des grandes circonstances. Puis, en cortège, l’assemblée et la foule des curieux gagna, par la rue Royale [3], la Place au Beurre et la rue du Collège [4], les locaux de l’école.

JPEG - 83.3 koL’école (à droite) était proche de la cathédrale

C’est là que le Préfet prononça son discours. Discours qui dut paraître bien long et bien solennel aux jeunes auditeurs (et même aux moins jeunes sans doute qui l’interrompirent de fréquents applaudissements... manière très discrète, peut-être, de se réchauffer les mains en ce frisquet matin de Janvier !). En phrases amples et harmonieusement balancées, M. le Préfet brosse le sinistre tableau de l’ignorance :

« La situation d’un nombre considérable de chefs de famille était des plus affligeantes à Quimper ; ils consumaient leur vie dans des travaux pénibles et presque toujours infructueux parce qu’ils étaient dépourvus de cette éducation première sans laquelle les professions, même les plus vulgaires, ne se peuvent exercer utilement.

Les enfants qu’ils élevaient avec peine et par une suite non interrompue de sacrifices et de privations, ne pouvaient pas les secourir dans leurs vieux jours. Ils ne leur léguaient qu’un avenir malheureux. Dans une telle situation, que pouvaient-ils leur demander ? Que pouvaient-ils en attendre ? »

JPEG - 101.9 koLa porte d’entrée de l’école dans l’actuelle rue du lycée

Et si M. le Préfet devient lyrique en évoquant les perspectives ouvertes par l’école, il ne l’est pas moins en célébrant les « bienfaits de deux règnes » :

« Une ère de prospérité et de gloire a commencé pour l’industrie française. A l’aspect des richesses qu’elle étale, l’esprit étonné ne sait ce qu‘il doit admirer le plus, ou de la perfection des produits ou des procédés ingénieux qui les ont obtenus... »

Mais voici pour les bambins quimpérois :

« Jeunes élèves, que ne devez vous pas à vos maîtres qui ont accepté la tâche si pénible de se dévouer à votre enseignement ! Ailleurs cette carrière si difficile a ses compensations et ses honneurs ; ici elle exige la plus rigoureuse abnégation de tout intérêt humain et sa récompense n’est que dans ce sentiment intérieur que fait éprouver l’accomplissement du devoir...

Les éducations qui se feront seront sans profit pour l’amour-propre des maîtres, elles seront toujours ignorées du monde, car elles seront modestes comme les vertus de ceux qui les enseignent ! »

JPEG - 97.8 koLe Collège (actuellement de la Tour d’Auvergne) se trouvait en haut de la rue

Et puis ? Un banquet ? Oh non ! Un vin d’honneur ? Même pas ! Tout simplement les personnalités présentes se déclarèrent très curieuses, un peu comme à l’inauguration d’une machine nouvelle, de voir « comment ça marche ». Et l’on demanda aux Frères de donner une leçon et de faire travailler les élèves. Ce qu’ils firent aussitôt, disent les chroniques, à la grande satisfaction de tous.

Et c’est ainsi que l’École Communale des Frères, devenue plus tard École Saint-Corentin, entra dans l’histoire quimpéroise.

Quelques dates

1829 :
160 élèves, trois Frères. La demande va aller croissant si bien que le nombre des Frères sera bien vite insuffisant et que les locaux s’avèreront trop petits. En 1840, onze années plus tard, l’école comptera 400 élèves auxquels se dévouent 7 Frères.

JPEG - 104.8 koLa cathédrale Saint-Corentin avant 1856 (date d’érection des flèches)

JPEG - 100.9 koAgrandissement de la gravure. Les Frères en tricorne conduisent les élèves dans la cathédrale.

1837
Se pose le problème des enfants des cultivateurs que leurs parents envoient à Quimper fréquenter les écoles primaires privées et « qui sont logés en commun à peu de frais, au nombre de dix ou douze, dans de méchantes auberges ou chez de malheureux ouvriers ». En dehors des heures de classe, on les trouve « partout se battant, jouant à la galoche et contractant les habitudes les plus fâcheuses ». Les autorités s’émeuvent.

Il est décidé d’ouvrir pour ces enfants une école spéciale et un pensionnat. Édifié des résultats surprenants obtenus par les instituteurs religieux de l’école communale, le Préfet, M. Boullé, demande que les maîtres de la nouvelle école soient choisis dans la même congrégation.

1838
Le 11 décembre , deux Frères prennent possession de leur poste à l’École dite « des likès » ; ils rentreront chaque soir à la Communauté de la rue du Collège. Ce qui permet à l’actuel Frère Directeur de l’École Saint-Corentin d’affirmer, en souriant, que le Likès n’est, après tout, qu’une annexe de Saint-Co !

Huit ans plus tard, les Frères se voient confier la Direction « des likès » : c’est le Frère Charlemagne alors directeur de l’École Communale, qui assumera cette charge. Cette fois, la séparation est définitivement marquée entre les deux communautés.

1849 :
En janvier , une création originale : celle de cours du soir pour des adultes. Ce sont pour la plupart de jeunes apprentis soucieux de compléter une instruction sans doute hâtive, mais on voit s’y adjoindre peu à peu des ouvriers plus âgée et des soldats de la garnison.

En 1869, on comptera jusqu’à 225 adultes, fidèles élèves de ces cours que, chaque soir ouvrable, de 7h.1/2 à 9h., six Frères dispensent avec dévouement et succès. Un succès que des médailles d’argent et de vermeil du Ministère de l’instruction publique viendront souligner.

1852 :
Le nombre croissant d’élèves nécessite l’ouverture, dans le quartier de Saint-Mathieu, d’une nouvelle école, dépendante de la première : deux Frères y sont détachés, ils seront trois à partir de 1868.

1872 :
Lorsqu’en 1872, le Conseil Général décida la création d’une École Normale dans le département (les futurs instituteurs devant aller à Rennes poursuivre leurs études), plusieurs Conseillers proposèrent de confier cette nouvelle école aux Frères.

Une commission fut créée, chargée d’étudier le projet et d’enquêter auprès des Préfets qui avaient déjà autorisé l’ouverture d’une École Normale dans ces conditions. Les éloges recueillis (à Aurillac, Beauvais, Rouen surtout) témoignèrent tellement en faveur de la proposition que celle-ci fut, mais non sans difficultés, finalement votée. L’École Normale de Quimper s’ouvrit le 4 mars 1874 avec 60 normaliens.

Mais l’horizon s’obscurcit : il est question, à partir de 1874 de laïciser l’enseignement. Les votes successifs du Conseil Municipal sont favorables au projet.

1880 :
En mars 1880 une pétition circule dans la population pour demander le maintien des Frères : elle se couvre d’un millier de signatures. Le 15 du même mois, le Conseil Municipal se réunit et la décision est mise aux voix : 11 voix pour, 9 contre, 1 bulletin blanc. Le Conseil départemental de l’ Enseignement approuve et le Préfet prend un arrêté en date du 7 août, arrêté notifié aux Frères le 9 par le Commissaire de Police : ils ont quinze jours pour quitter les bâtiments de la rue du Collège.

A cette époque l’école comptait 612 élèves et les cours du soir regroupaient 109 adultes.

A la hâte, on se mit en quête d’une maison pouvant servir d’école : l’œuvre doit continuer, c’est l’avis unanime. On pense un moment à une maison située rue Saint-Antoine : réflexion faite elle s’avère trop exiguë.

Alors, à défaut d’un bâtiment situé au centre de l’agglomération, on opte pour l’enclos d’une scierie à l’entrée de la ville, au bout de la rue de Brest. Et on se mit au travail aussitôt pour tout préparer. 300 élèves se présentèrent le jour de la rentrée, 13 septembre : on ne put les accueillir ! Ils émigrèrent vers le Likès qui les hébergea jusqu’au 19 novembre.

Quant aux élèves de l’école du quartier Saint-Mathieu, ils trouvèrent un refuge provisoire dans la salle du patronage des garçons divisé en trois classes. En février 1881, les classes furent transférées dans la Résidence des Pères Jésuites.

Le dimanche 21 novembre, après vêpres, entouré des Frères, des élèves et de leurs parents, une foule nombreuse où se côtoyaient toutes les classes de la société - comme le précise l’historique - Mgr Nouvel procéda à la bénédiction de la nouvelle École Saint-Corentin...

Frère Le Doré

La laïcisation de l’école communale

Palmarès de 1938 - Historique

Le 8 mars 1880, la question de laïcisation avait été posée au Conseil Municipal à l’instigation du Préfet, M. Le Guay. Le Maire, M. Astor, opportuniste, ne s’y opposa point et, malgré les 52 ans de dévouement dans les écoles de la Ville, malgré une pétition couverte d’un millier de signatures, malgré une lettre éloquente de Mgr D. Anselme, évêque à cette époque, le conseil municipal, par 11 voix contre 9 et 1 bulletin blanc, adoptait, le 15 mars, le vœu formulé en faveur de la laïcisation, dès la rentrée de septembre de l’année en cours, de l’École Normale et des Écoles Communales de la Ville de Quimper.

Brutalement, les 612 élèves des Écoles Saint-Corentin et Saint-Mathieu et les 109 étudiants des cours d’adultes, étaient privés de maîtres aimés et dont on affirmait que « depuis 52 ans leur dévouement ne s’est pas ralenti un seul instant. Leurs succès sont connus de tous. Ils ont la sympathie de l’immense majorité de la population et c’est en vain que la calomnie cherche à les atteindre ».

Le 1er Avril 1880, les Frères furent expulsés de l’école Normale qu’ils avaient organisée de façon méthodique. Le Pensionnat les accueillit avec la plus grande sympathie et bénéficia ainsi de quelques professeurs de premier choix.

Le 10 Mai, des catholiques notables de la Ville remettaient une note à l’adresse de la Municipalité, la priant de revenir sur le vœu récemment voté en faveur de la laïcisation. Ils fondaient leur revendication sur ce fait que les neuf dixièmes des chefs de famille intéressés se prononçaient pour le maintien des Frères. Le Conseil Municipal persista dans sa décision.

En date du 7 Août 1880, M. le Préfet prit alors un arrêté par lequel la direction de deux écoles était confiée à des instituteurs laïques. Cet arrêté fut notifié le 9 Août au Frère Directeur. Quinze jours, à partir du 10 Août, leur étaient accordés pour quitter les locaux de la commune.

Mgr Nouvel, tout dévoué aux Frères, prit lui-même l’initiative d’une école libre pour remplacer l’école laïcisée. Aidé par M. le Chanoine de Penfentenyo, curé archiprêtre de Saint-Corentin, il acquit la propriété Vaché (ancienne scierie, rue de Brest), dont les locaux furent transformés en classes.

JPEG - 59.6 koÉcole Saint-Corentin, rue de Brest, en 1978

Évidemment rien ne pouvait être prêt pour la mi-septembre. On fut très heureux au Pensionnat Sainte-Marie de se gêner un peu pour la cause de l’éducation chrétienne. Le 13 septembre 1880, plus de 300 élèves de l’école gratuite remplissaient les quatre classes mises à leur disposition.

JPEG - 63.1 koAutre photo de "Saint-Co" en 1978

Le 19 Novembre s’ouvrait l’école Libre Saint-Corentin. Quant à l’école Saint-Mathieu, elle s’était emparée provisoirement de la grande salle du patronage de garçons, divisée en trois locaux distincts... En Février 1881, les R. P. jésuites cédèrent trois salles de leur résidence à ces classes errantes.

Les nouvelles lois posaient encore la question des diplômes : par leur courage et leur valeur intellectuelle, les professeurs eurent tôt fait de répondre brillamment aux exigences administratives, tradition d’honneur qui a été fidèlement gardée depuis lors au Pensionnat.

Au milieu de ces épreuves se déroulaient, comme un réconfort moral, les fêtes grandioses du deuxième centenaire de la fondation de l’Institut des Frères. Un triduum solennel y prépara. Le 21 juin, S.G. Mgr Nouvel présidait la cérémonie du soir. Il adressa à l’école une allocution encourageante et affectueuse, soulignant ainsi publiquement l’intérêt qu’il portait à l’Établissement.

L’Institut, fort de l’appui du clergé, de l’estime des populations, restait dans la tradition de son fondateur, aimé des humbles et persécuté de toutes parts ; les grands caractères et les institutions durables s’élèvent sur l’épreuve.

Les Frères et les Évêques

« L’Église de Bretagne depuis ses commencements jusqu’à nos jours » de M. l’Abbé Tresvaux, publié en 1839 chez Méquignon Junior, libraire de la faculté de Théologie, présente la liste des évêques des diocèses de Bretagne : Rennes, Nantes, Quimper…

On peut y lire une chronologie des évêques concernés par la période de l’installation des Frères et l’origine des Frères de l’Instruction chrétienne.

Mgr. Pierre Vincent DOMBIDEAU DE CROUSEILHES (1805-1823)
devint le successeur de M. Claude André (1802-1804) dans le siège de Quimper. Il était né à Pau, dans le diocèse de Lescar, le 19 juillet 1751. Il fit ses études à Paris, et fut ordonné prêtre par M. de Plan Desaugiers, évêque de Die, le 3 décembre 1775…

Il était du nombre des prêtres insermentés désignés à Bonaparte, en 1802, comme propres à l’épiscopat. Nommé évêque de Quimper peu d’années après cette désignation, il reçut du cardinal de Belloy, archevêque de Paris, assisté de M. de Chabot, ancien évêque de Mende, et de M. André, ancien évêque de Quimper, la consécration épiscopale dans l’église métropolitaine de Notre-Dame, le 21 avril 1805…

Plusieurs maisons religieuses lui durent leur rétablissement ou leur conservation, et il parvint à assurer la stabilité à son séminaire [5]. Il fit partie des prélats qui composèrent le concile de 1811.

C’était un homme d’un extérieur avantageux, et qui, à un air grave, joignait beaucoup d’aménité dans le caractère. On dit que, peu de temps avant sa mort, l’archevêché de Rouen lui avait été offert et qu’il l’avait refusé.

Le diocèse de Quimper perdit presque subitement ce respectable prélat. Depuis quelque temps il était sujet à des attaques qui faisaient craindre pour ses jours. Enfin, il fut frappé d’apoplexie dans la nuit du 28 au 29 juin 1823, et mourut aussitôt, à l’âge de soixante-quatorze ans.

Mgr. Jean-Marie-Dominique DE POULPIQUET DE BRESCANVEL (1824-1840),
né au château de Lesmel [6] le 4 août 1759, d’une famille noble de Bretagne, a remplacé, dans le siège de Quimper, M. Dombideau de Crouseilhes. Ce prélat a fait ses études ecclésiastiques au séminaire de Saint-Sulpice et est docteur de Sorbonne. Il a été Chanoine de la cathédrale de Léon et Vicaire Général de ce diocèse.

A l’époque de la révolution il se retira en Angleterre, et, en 1795, il fut du nombre des prêtres zélés qui se dévouèrent pour donner les secours spirituels à l’expédition royaliste qui débarqua à Quiberon. Au moment du désastre de cette expédition, M. de Poulpiquet fut assez heureux pour se sauver et pour échapper ainsi à la mort cruelle que subirent bientôt ses respectables confrères.

Rentré en France à l’époque du Concordat, il devint membre du clergé de Quimper, diocèse auquel celui de Léon venait d’être réuni. M. Dombideau de Crouseilhes le choisit pour son Vicaire Général, et il a, pendant tout l’épiscopat de ce prélat occupé ce poste important, que lui confia également le Chapitre pendant la vacance du siège.

Louis XVIII le nomma à l’évêché de Quimper le 12 Septembre 1823. Le pape Léon X le préconisa le 4 mai 1824, et Mgr. de Quelen, archevêque de Paris, assisté de MM. Frayssinous, évêque d’Hermopolis, et Millaux, évêque de Nevers, le sacra dans son église métropolitaine le 15 juin suivant.

Les Frères de l’Instruction Chrétienne
Les Frères des Écoles Chrétiennes avaient, avant la révolution, quelques établissements, dans des villes de Bretagne, telles que Rennes, Nantes, Vannes, Brest, où ils ouvrirent une école en 1746, et Saint-Brieuc, où ils furent appelés en 1756.

Depuis le commencement de ce siècle, ils ont augmenté le nombre de leurs maisons dans la province mais comme ils ne peuvent aller isolément [7], un prêtre zélé, le respectable M. Deshayes, ancien curé de Sains Gildas d’Aurai (sic), aujourd’hui supérieur de missionnaires de Saint-Laurent et des Filles de la Sagesse, forma, en 1816, une Société d’autres Frères, instruits par les premiers, et destinés à porter l’instruction chrétienne dans les campagnes.

Dieu bénit cette pieuse entreprise, et cet institut, aujourd’hui gouverné par M. l’abbé de La Mennais, a un nombreux noviciat à Ploërmel, et est répandu dans toute la Bretagne. Chaque Frère est placé chez le curé de la paroisse et y tient l’école. Lorsque les lieux sont importants, ils y sont plusieurs et y forment une petite communauté.

Le premier Frère de cette Société a été Mathurin Provost de la paroisse de Ruffiac, diocèse de Vannes.

Notes

[1M. François Briant de Laubrière a été maire de Quimper de 1825 à 1836. La rue qui porte son nom débouche sur le rond-point de Kerogan, près du pôle universitaire de Quimper

[2le numéro et le nom actuel de la rue ne correspondent plus. Le Collège, d’abord des Jésuites puis Municipal était devenu le Lycée de Quimper, inauguré le 17 octobre 1886, d’où le nom de rue du lycée

[3actuelle rue Élie Fréron

[4actuelle rue du lycée

[5il est le fondateur du petit séminaire de Pont-Croix en 1823

[6en Plouguerneau

[7les Frères vivent et exercent leur mission dans le cadre d’une communauté

Publié le : vendredi 18 janvier 2013

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