De 1919 à 1945

Etat des lieux en 1919

En 1919, le Likès récupérait tous les locaux qui avaient été les siens en 1906, et même un peu plus car le bâtiment dit du « scolasticat », qui dominait la sortie du tunnel de chemin de fer, faisait désormais partie du pensionnat, comme on disait à l’époque. Par contre, toutes les constructions situées au sud restaient occupées par ce qu’on appelait le « noviciat » et où ne se trouvaient désormais que la maison de retraite des Frères et la maison provinciale du District. De ce fait, l’entrée du Likès continuait et continuera pendant longtemps encore, jusqu’en 1962, à se faire par la rue de Kerfeunteun.

La propriété avait gardé les mêmes limites qu’en 1906, à l’exception de la prairie qui avait été vendue à M. Raoul Olive, professeur d’agriculture, et qui ne sera rachetée qu’en 1921.

Directorat du Frère Gautier (1922-1932)

JPEG - 14.3 koAlors que le Frère Le Gall avait dû parer au plus pressé en rendant bien vite de vieux bâtiments aptes à reprendre du service, le Frère Gautier, bénéficiant d’un plus long directorat et de l’accroissement des ressources, qui allait de pair avec celui des effectifs scolaires, pourra se lancer dans des constructions nouvelles, au nombre de deux principales : le bâtiment Saint-Joseph et le nouvel atelier de mécanique.

1928 : Le bâtiment Saint-Joseph (1)

Il fut construit à l’emplacement du bâtiment Saint-Hubert qui remontait à 1876. Celui-ci fut donc rasé en 1927 et à sa place, s’éleva une construction de belle allure mais malheureusement un peu étroite : en raison d’une grande dénivellation du terrain du côté ouest et faute de ressources suffisantes, le Frère Gautier dut renoncer au plan primitif qui prévoyait un bâtiment bien plus vaste, lié à l’élargissement très souhaitable de la cour Saint-Joseph.

La nouvelle construction abrita, au rez-de-chaussée, deux grandes salles : une réservée à l’enseignement commercial (y compris la dactylographie) et l’autre aux cours d’agriculture. Au premier étage, on trouvait une salle pour la physique et les sciences naturelles et une seconde pour la chimie, munie celle-ci d’un amphithéâtre et d’une grande paillasse pour les expériences scientifiques.

Le second étage était entièrement occupé par une salle ce dessin technique, avec des tables adaptées à cet enseignement. Jusque-là les cours de dessin industriel (comme on disait alors) se déroulaient dans les classes ordinaires tandis les laboratoires de sciences et les cours agricoles occupaient, depuis le XIXe siècle, deux salles situées tout au sud au bâtiment séparant les deux cours de récréation , (au-dessus de l’actuel S.I.0.). Le bâtiment Saint-Joseph sera démoli en 1961, pour permettre l’allongement du bâtiment des chambres à l’usage des grands élèves.

JPEG - 85.5 koLe bâtiment St Joseph avant sa destruction en 1961 (Plus bas, le bâtiment St Jean-Baptiste de la Salle construit en 1952).

1930 : Le nouvel atelier de mécanique. (2)

L’atelier construit par le Frère Cyrille-des-Anges en 1899-1900 n’était plus adapté aux nouvelles normes de l’enseignement technique des années 20, ni à l’augmentation du nombre des élèves dans cette section. Le Frère Gautier décida de construire du neuf et confia son projet à M. Bolo de Nantes, spécialiste de la charpente métallique et du ciment armé. Les travaux commencés en 1929, se terminèrent à l’automne 1930. Le nouvel atelier occupe une surface de près de 500 m2, libre de tout support intérieur, grâce au système de charpente de type « shed » qui porte uniquement sur les pignons et permet en outre un excellent éclairage vertical.

JPEG - 100.9 koL’atelier de mécanique en 1946. Depuis sa construction en 1930, un 5ème « shed » a été ajouté en 1938. Au fond, le hall des sports et un blockhaus datant de l’occupation allemande.

A l’ouest de la cour d’entrée, à proximité du nouvel atelier, on construisit en même temps un bâtiment en forme d’U abritant des toilettes (3). Un devis de l’époque nous apprend que le nouvel atelier coûta 205.139 F, son équipement intérieur 211.000 F, et les toilettes 120.000 F, soit un total de 536.139 francs. Même s’il a depuis troqué ses tuiles rouges pour une couverture métallique, cet atelier est toujours en service (tout près du self) et abrite aujourd’hui des salles d’électrotechnique.

Quant à l’atelier de mécanique de la fin du XIXe siècle, il fut transformé en un vaste hall de menuiserie et d’ébénisterie qui, tant pour la formation des élèves que pour l’entretien ou le renouvellement du matériel scolaire, aura rendu de grands services jusqu’à sa démolition en 1979.

JPEG - 109.5 koVue aérienne avant 1939 (le bâtiment construit le long de la rue de Kerfeunteun en prolongement de la chapelle n’existe pas encore). années 20 : Le pressoir électro-hydraulique (4)

En bas de la cour Saint-Joseph, on construisit une terrasse en ciment armé abritant un pressoir électro-hydraulique pour la fabrication au cidre ; il en fallait environ 300 barriques par an car c’était alors la boisson ordinaire servie aux élèves pour les repas ; cette installation d’avant-garde servait en outre à la formation de ceux qui suivaient les cours agricoles car, en ce temps-là, on fabriquait du cidre dans toutes les fermes de Cornouaille.

Deux vues aériennes du Likès vers 1936 :

JPEG - 130 koVers l’Ouest

JPEG - 134.7 koVers le Nord-Est.

Directorat du Frère Bengloan (1933-1940)

JPEG - 14.4 koToutes les améliorations pédagogiques et les créations de classes nouvelles sont accompagnées d’une croissance rapide des effectifs, dans les années précédant la seconde guerre mondiale : cette augmentation du nombre d’élèves coïncide d’ailleurs avec l’arrivée à l’âge scolaire des garçons du « baby-boom » des années de l’après guerre 1914-18. C’est ainsi que Le Likès compte 672 élèves à la rentrée de 1934, 701 en 1935, 709 en 1936, 793 en 1937, 860 en 1938, et cela malgré de nombreux refus d’inscriptions d’internes, faute de place. Pour faire face à cet afflux constant, le Frère Bengloan essaie de tirer le meilleur parti possible des bâtiments existants mais aussi il en construit de nouveaux.

1935 : aménagement du scolasticat (5)

Pour la mise en place de la série secondaire complète, trois nouvelles classes sont aménagées au premier étage du « scolasticat », à la place de locaux divers qui s’y trouvaient (chapelle dite des Congrégations, salles de réunion... ). Un balcon en ciment armé, construit tout long du côté nord de ce bâtiment, permet une desserte commode de ces classes.

JPEG - 91.4 koLe scolasticat avec ses balcons de circulation. En contre-bas, le train venan de Brest.

JPEG - 127.8 koLe Likès vue vers le Sud-Est. Au dessus du tunnel, le scolasticat qui sera remplacé par le batiment de l’auditorium en 1967.

1937 : la maison des Sœurs

Vu les nouveaux besoins, il faut refaire la même opération au second étage du même bâtiment, là où demeuraient les Soeurs. En conséquence on construit pour celles-ci une belle maison de pierre, près de l’entrée du jardin. Par la même occasion les combles au-dessus de ces nouvelles classes sont aménagées pour loger le personnel masculin s’occupant de services divers dans l’établissement : réfectoires, nettoyage, entretien du jardin. Ce qui permet de récupérer des locaux au-dessus de l’infirmerie et d’y installer un nouveau dortoir (Saint-Louis) pour mieux faire face à l’afflux des internes.

JPEG - 98.4 koVue sur le jardin du Likès. Au fond, la ferme, à droite, la maison des religieuses, à gauche les ateliers et au premier plan le monument aux morts inauguré le 13 mai 1934.

1938 : Le hall des sports

Cette même année 1937 voit la construction, depuis longtemps attendue, d’un hall de sports, sur la cour au nord des ateliers. Il s’agit d’un grand hangar de 20m x 50m, à charpente métallique, visant avant tout à abriter les cours d’éducation physique en cas de pluie. De nombreux agrès y sont installés pour la gymnastique, ainsi qu’une fosse pour le saut et des aires pour les lancers. Il avait certes belle allure mais manquait peut-être de solidité, puisque, dans la nuit du 1er décembre, un bon coup de vent de suroît, comme on en connaît souvent en Bretagne, renverse tout l’édifice comme un château de cartes. Dès le printemps de 1938, il fallut tout rebâtir (aux frais de l’entreprise constructrice : Damian de Quimper) et le nouveau hall, un peu moins haut que le précédent, sera prêt pour accueillir le banquet du Centenaire, le 15 mai 1938. Il sera démonté en 1968 et reconstruit sur le terrain de sports de Kermoguer.

JPEG - 82.4 koLe Hall des sports en construction. En arrière-plan les ateliers. Au fond, le bâtiment construit à l’origine.

1939 : Nouveau bâtiment le long de la rue de Kerfeunteun

Malgré tous les aménagements dont on vient de parler, Le Likès n’arrivait pas à faire face à l’augmentation des candidatures d’élèves. En dépit de la conjoncture internationale très sombre, on décida de construire un nouveau bâtiment au nord de la chapelle, dans la cour étroite longeant la rue de Kerfeunteun. Cette nouvelle construction, toute en longueur mais de belle allure, s’appuierait au pignon de la chapelle et à la façade est de l’U central. Elle comprendrait quatre niveaux et abriterait des locaux d’économat et de cuisine, des salles a manger, une nouvelle infirmerie et un dortoir (Saint-Jean). Les travaux, confiés à l’entreprise Le Bris de Fouesnant, furent entamés à l’automne 1938 et le gros-œuvre était fini au printemps suivant. Les aménagements intérieurs étaient encore en cours au moment de la déclaration de guerre, au début de septembre 1939.

L’occupation allemande (1940 – 1944)

Pendant l’occupation allemande, il n’y eu pas de construction de bâtiments si ce n’est celle des blockhaus avec comme aménagement, la mise en place de barbelés !

En 1984, un groupe d’élèves, sous la direction de Frère Pierre le Doré, participa au concours de la Résistance. Marie-Pierre Le Cœur, Florence L’Hour, Marianig Belbeoc’h, Sandrine Jaouen et Jean-Luc Le Moal ont réalisé, dans ce cadre, un très beau dossier. On y trouve, entre autres, un plan du Likès réalisé grâce au concours de Frères qui avaient vécu cette époque (Albert Flochlay, Joseph Evain, Yves Cader, Jean Kerjean). Il nous donne un état des constructions au milieu du 20ème siècle.

JPEG - 67.9 koLe groupe d’élève auteur du dossier sur la résistance au Likès.

JPEG - 84.6 koLe plan du Likès pendant l’occupation allemande de 1940 à 1944.

Publié le : mercredi 18 avril 2012

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