CONSTRUCTIONS : Les chapelles du Likès

Depuis ses origines, Le Likès a toujours été soucieux d’assurer les célébration religieuses dans les meilleurs conditions.

Le pensionnat devait avoir un lieu de culte ainsi que l’indique l’article 37 du règlement publié le 28 novembre 1837 et instituant « l’école primaire spéciale de la ville de Quimper » :

« À 6 heures en été et 7 heures en hiver, les Élèves se réuniront à la Chapelle ou dans une des salles de l’école pour la prière du matin, qui sera dite par l’Aumônier et suivie du chant en chœur du Domine salvum fac Regem. Ils entendront la messe au moins deux fois par semaine, le Dimanche et le Jeudi. »

La chapelle du Collège.

Frère Hervé Daniélou, dans « Un siècle de vie likésienne », raconte les premières années dans des locaux du Collège municipal (actuel collège de la Tour d’Auvergne) prêtés par la commune de Quimper :

« L’école ne disposant que d’une toute petite chapelle, à l’usage principal de la communauté des Frères, les élèves doivent, pour les offices dominicaux, se rendre à la chapelle du collège (débaptisée aujourd’hui « auditorium ») où ils sont placés au fond, derrière les collégiens dont la conduite et la tenue ne peuvent que les mal influencer ».

JPEG - 119.9 koLa Chapelle du Collège devant Le Likès

Les chapelles provisoires.

En 1864, le déménagement vers l’autre côté du Champ de Foire (actuelle place de la Tourbie), dans des locaux construits par l’école, va donner une certaine liberté au pensionnat dénommé désormais Sainte-Marie. Mais les moyens financiers sont limités.

Une première chapelle va être installée, très provisoirement, au premier étage de l’aile ouest qui vient d’être construite (futur dortoir St-Eloi).

JPEG - 86.7 koLa 1ère chapelle provisoire était située dans l’aile située à gauche.

La situation est loin d’être satisfaisante. Reprenons la lecture d’« un siècle de vie likésienne » :

« Dans une lettre du 13 juillet 1872, adressée au Frère Osée, Assistant du Frère Supérieur général, le Frère Dagobert, s’y plaint, une fois encore, de manquer de place et sollicite l’autorisation de poursuivre le plan de construction prévu à l’origine, c’est-à-dire de prolonger, vers le sud, l’aile ouest du bâtiment primitif.

On y logera la nouvelle chapelle, avec cave en sous-sol (une partie en est occupée par l’actuel S.I.O.). Elle doit occuper l’espace de deux étages et être surmontée d’un long dortoir (dortoir St-Raphaël). Le devis, établi par M. Bigot, s’élève à 60,770 francs »

JPEG - 119.8 koDessin de 1891 présentant les constructions du Likès

Le 19 Mars 1874, Mgr Nouvel de la Flèche bénit solennellement la chapelle qui va servir 25 ans avant d’être transformée en cinq salles, dont 4 pour les classes et une pour les besoins spéciaux de l’enseignement des sciences.

Les chapelles du District des Frères

La chapelle du Noviciat.

Après les constructions destinées au pensionnat, le Frère Dagobert s’est engagé dans les constructions rendues nécessaires pour le développement du District (formation des Frères, gestion des établissements, accueil des anciens).

La construction du noviciat et de la maison de retraite des Frères s’échelonne de 1882 à 1885. Il s’agit d’un bâtiment situé face au Champ-de-Foire et formant équerre avec la chapelle du Likès construite en 1873-74.

Tout cet ensemble sera complété par la chapelle du Noviciat (en réalité elle est utilisée par tout le District des Frères), construite sous la direction de l’architecte Gustave Bigot, fils de Joseph. Sous cette chapelle sont aménagés cuisine et réfectoires et elle est surmontée d’un dortoir.

La première pierre est posée officiellement le 5 mai 1886 et la bénédiction a lieu le 17 mars 1887.

JPEG - 99.3 koCélébration en l’honneur de St J.-B. de la Salle dans la petite chapelle (issue de la chapelle du noviciat)

La chapelle dite "des Congrégations"

En 1890, le scolasticat est doté d’un bâtiment autonome comprenant classes, dortoirs et chapelle. Il sera démoli en 1967 pour céder la place au bâtiment culturel (auditorium, labo de langues, CDI...).

Le Frère Daniélou signale qu’en 1935, « pour la mise en place de la série secondaire complète, trois nouvelles classes sont aménagées au premier étage du "scolasticat", à la place de locaux divers qui s’y trouvaient (chapelle dite des Congrégations, salles de réunion... ) ; un balcon en ciment armé, construit tout long du côté nord de ce bâtiment, permet une desserte commode de ces classes. »

La grande Chapelle.

JPEG - 97 koVue du Likès avant 1939 (le doublement du bâtiment au nord de la chapelle n’est pas réalisé)

La Chapelle provisoire du pensionnat existait depuis plus de 20 ans. L’essentiel des constructions pour l’école et le district était achevé. Le Frère Cyrille des Anges, Directeur, pouvait maintenant envisager de construire une Grande Chapelle.

Frère Daniélou nous raconte les étapes qui vont du projet à la bénédiction solennelle.

« Pour ce qui est de la chapelle, on sait que le Frère Dagobert rêvait de la construire dans le jardin. Pourtant, si on regarde la vue de l’établissement en 1891, on y voit une place vide, béante, en bordure de la rue de Kerfeunteun, entre l’aile est de l’U primitif et l’internat du petit-noviciat qui vient d’être construit en 1888. C’est là que le directeur a prévu d’implanter la nouvelle chapelle en y incluant une salle des fêtes en sous-sol.

Il en confie l’étude à l’architecte Gustave Bigot. Celui-ci formule des objections à un pareil plan et suggère plutôt de dédoubler le projet : construire la salle des fêtes à l’emplacement prévu mais en installant en-dessous tous les locaux d’accueil (conciergerie, économat, parloirs ...) et bâtir la chapelle plus au nord, dans le jardin.

Mais le Frère Cyrille-des-Anges tient à son idée (sans doute approuvée par le conseil d’établissement) et il s’adresse à un autre architecte : le Chanoine J.-M. Abgrall à qui on doit de nombreux autres édifices religieux dans le diocèse. Le nouvel architecte se met au travail et trace les plans, accompagnés d’un devis estimatif de 17 pages, daté du 14 décembre 1895 et d’un montant de 126,027 f. 65, pour le gros-œuvre. Avec les à-côtés, l’ornementation et le mobilier, on a du atteindre, d’après l’Historique (p. 93), un total d’environ 170,000 f.

Il est intéressant de noter aussi les noms de certaines au moins des entreprises engagées dans la réalisation de cette chapelle ; notons, entre autres :
- pour la maçonnerie et les pierres de taille, Le Naour, de Quimper, le constructeur des flèches de la cathédrale et de tant d’autres églises ou clochers finistériens ; pour la chapelle du Likès sa facture atteint 86,642 f. 48 ( y compris 10% de rabais) ;
- Perodeau de Quimper, pour les plâtreries et les voûtes, avec une facture de 11,150 f. ;
- Lorit de Quimper, pour la serrurerie et toute la ferronnerie, y compris les tirants placés entre la voûte de la grande-salle et le plancher de la chapelle, avec une facture totale de 4,483 f. 80 ;
- Savary de Quimperlé, fournisseur de 160 bancs en chêne pour la chapelle et la grande salle, pour une facture de 5,769 f. 50.

Notons enfin qu’il a existé un projet de clocher pour cette chapelle : on en possède le plan (gothique comme le reste de l’édifice), dressé , par le Chanoine Abgrall, mais pas le devis. Il devait se dresser à l’angle nord-ouest de la nef (côté cour Sainte-Marie). Sa hauteur prévue était de 15 m au-dessus de la base du toit.

JPEG - 56.8 koLe clocher qui devait se situer au nord de la chapelle

On sait que les travaux de la chapelle débutèrent en 1896 (pose de la première pierre le 10 mai) et se terminèrent en 1898 (bénédiction solennelle le 22 mai). »

Compte-Rendu de la Bénédiction de la Nouvelle Chapelle figurant dans le Bulletin des Anciens de 1898.

Depuis plus de cinquante ans qu’existe le Pensionnat Sainte-Marie, il n’avait pas encore de chapelle digne de lui. Une semblable lacune pesait aux cœurs de ses nombreux amis. Plusieurs fois, des tentatives furent faites pour doter l’Établissement d’une chapelle en rapport avec son importance, un fort beau plan fut même dressé à cet effet par le R. P. Tournesac, jésuite ; mais toujours de graves difficultés surgirent, qui firent ajourner le projet. En 1895, un nouvel effort fut tenté, et le Très-Honoré Frère Joseph, de douce mémoire, mit le comble aux vœux de tous, en accordant les autorisations nécessaires. Dès lors, il n’y avait plus qu’à entrer dans la voie d’exécution.

M. l’abbé Abgrall, architecte, voulut bien se charger de dresser les plans de la nouvelle église, et M. Le Naour en entreprit l’exécution. Le 2 Mars 1896, le premier coup de pioche fut donné au sol qui devait recevoir les fondations du nouvel édifice. Le 10 Mai de la même année, Sa Grandeur Monseigneur Valleau, entouré d’un grand nombre d’anciens élèves et d’amis, bénissait solennellement la première pierre de la future chapelle. Depuis cette époque, le travail a marché, et nous en voyons aujourd’hui le couronnement.

22 Mai 1898 ! Jour à jamais mémorable dans les annales du Pensionnat. Dès la pointe du jour, une troupe de gentils oiseaux, venus sans doute pour prendre leur part de la fête, nous gratifient d’un concert qui ne sera pas le moins mélodieux de tous ceux qui nous seront offerts dans la journée.

JPEG - 129.2 koVues intérieures de la Grande Chapelle en 1935

Huit heures. Les premiers visiteurs commencent à arriver et naturellement dirigent leurs pas vers la nouvelle chapelle.
Huit heures et demie. Voici les invités : M. le Vicaire général Flèiter, délégué de Monseigneur Valleau, dont l’état de santé n’est pas satisfaisant. En ce jour de reconnaissance, d’ardentes prières vont monter au Ciel pour le bon Évêque qui veut bien donner au Pensionnat Sainte-Marie tant de marques d’attachement.

Voici encore M. Gadon, supérieur du Grand-Séminaire ; M. Étienne Roussin, le dévoué président de la Commission d’examen des élèves-agriculteurs ; le sympathique M. Bolloré, président de l’Association amicale des anciens élèves, et le Comité ; des chanoines, des prêtres ; plusieurs Frères directeurs de la région ; de nombreux anciens élèves avec leurs familles.

Il est neuf heures. On fait sortir tout le monde de la chapelle, et la cérémonie commence.... Quelques minutes d’attente, et nous pénétrons dans la chapelle à la suite du clergé. Elle est haute, elle est longue, elle est large ; treize cents personnes vont y assister tout à l’heure, pour la première fois, aux divins mystères ; la lumière du jour, faiblement tamisée, y pénètre abondamment à travers de jolis vitraux.

Derrière moi, la tribune dont les sièges, disposés en amphithéâtre, offrent bien près de deux cents places ; elle est soutenue par deux gracieuses colonnettes d’une seule pierre. De chaque côté, quatre élégantes colonnes soutiennent la voûte, fort belle avec ses nervures en pierre. Des lis et des roses alternent dans quelques vitraux, puis l’on voit :
- d’un côté, saint Isidore et saint Éloi, patrons et modèles des deux grandes catégories d’élèves que renferme le Pensionnat ; saint Michel terrassant Lucifer, et l’Ange Gardien montrant à un enfant le chemin du Ciel ;
- de l’autre côté, saint Nicolas et saint Pierre, puis saint Corentin, patron de Cornouailles, et sainte Anne, patronne des Bretons.

Dans le chœur, on trouve, à gauche, le Sacré-Cœur nous témoignant son amour, et à droite, le Bienheureux de la Salle, le modèle et le maître des éducateurs chrétiens ; devant moi, le magnifique maître-autel, très riche avec ses gracieuses décorations ; de chaque côté de l’autel, et sur des piédestaux de même style, saint Louis de Gonzague et saint Stanislas de Kostka, patrons et modèles des jeunes gens.

Au-dessus ; dans une vaste et belle niche, la Sainte-Famille descendue sur les nues pour contempler et bénir cette charmante réunion de chrétiens ; plus haut, assis sur un nuage, le Père Éternel jette un regard de bienveillance sur le triple objet de sa prédilection ; comme intermédiaire, le Saint-Esprit, planant au-dessus de l’arc de l’alliance ; dans le lointain, Jérusalem et Rome, les deux cités privilégiées ; tout cet ensemble est d’un saisissant effet… »

JPEG - 128.5 koLa chapelle a été aménagée pour les selfs. Elle permet des rencontres et des animations.

JPEG - 115.1 koPortes ouvertes au Likès en 2010

Publié le : jeudi 3 janvier 2013

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